Les musulmans ont désormais un lieu de prière dans la commune

12:10 - October 31, 2008
Code de l'info: 1702639
France(IQNA)- Depuis 25 ans, les musulmans aubygeois n'avaient plus de lieu de culte. Les efforts communs de la municipalité et de l'association du centre culturel d'éducation aubygeoise ont été récompensés lundi avec la remise officielle des clés d'un lieu destiné à la prière, rue Lebas. En attendant la construction d'une « vraie » mosquée.
L'histoire d'Auby est intimement liée à l'immigration polonaise et marocaine. Plusieurs centaines d'habitants sont en lien direct avec l'une de ces deux communautés.
Pourtant, au sein de la ville dirigée par Freddy Kaczmarek, il manquait un centre où tous les musulmans puissent vivre pleinement leur religion. Ce lieu existe désormais depuis quelques jours avec la mise à disposition par la municipalité d'un local de 70 m², rue Lebas.
En effet, la mosquée, construite dans les années vingt et gérée à l'époque par la Compagnie royale asturienne des Mines, avait disparu il y a un quart de siècle. La centaine de fidèles musulmans devait se rendre sur les lieux de culte des communs alentours (Courcelles, Waziers, Evin...).
Devant ces demandes, la mise à disposition d'un nouvel espace de prière devenait nécessaire. « Les premières démarches datent de 1993, souligne Mohammed Zazoua, président de l'association du Centre culturel d'éducation aubygeoise. Cela a été très long. On a lancé un nouveau projet en 2002. Et aujourd'hui, ce lieu d'accueil n'est que provisoire. On envisage de présenter un vrai projet de mosquée pour l'année 2009. » Cette réalisation est prévue avec l'entière approbation de la municipalité et des fonds sont en train d'être récoltés pour que cet édifice religieux soit un exemple d'indépendance et d'intégration dans la société.
Histoire commune « Nous avons une histoire commune, reconnaît Freddy Kaczmarek. Mon père a sué au fond des mines. J'ai grandi dans les cités minières, comme Mohammed Zazoua. Je comprends leurs demandes. » Ce geste de la municipalité n'est donc pas si anodin. « Ce lieu de culte permettra de combattre les préjugés et les ignorances ainsi que de renforcer la compréhension réciproque pour améliorer le vivre ensemble. Car, il n'y a rien de pire que les amalgames, que la méconnaissance, que l'ignorance des religions quelles qu'elles soient. De plus, il faut encourager les actions futures qui permettront sûrement les échanges culturels entre les différentes communautés. » Comme lors de la fête de l'Aîd el-Fitr, organisée il y a quelques jours dans la ville et qui célébrait la fin du Ramadan.
D'ailleurs, les Marocains et leurs descendants venus travailler pour la France, s'ouvrent aujourd'hui davantage sur le monde extérieur. « Ce dialogue des cultures, nous devons le faire vivre au quotidien. Il s'agit de tout mettre en oeuvre pour construire une ville où chacun s'y retrouve », poursuit l'élu.
Pour les musulmans, la mise à disposition d'un tel lieu est le symbole d'« une intégration réussie dans la société d'accueil, selon Mohammed Zazoua. Nous nous sentons Français puis musulmans. »
Source: La Voix du Nord
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