Les pays industrialisés en appellent aux finances islamiques

8:41 - December 02, 2008
Code de l'info: 1714830
Paris(IQNA)- Les banques islamiques pourraient être autorisées à ouvrir leurs guichets dans l’Hexagone, dès le mois de janvier.
«Pour les banques qui souhaiteraient réaliser des opérations conformes aux dispositions de la charia... on les engage à considérer le territoire français comme une terre d'accueil», avait déclaré Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi qui a même annoncé son intention de faire de Paris une capitale de la finance islamique.
La France pourrait ainsi autoriser d'ici à juin 2009 la «Qatar Islamic Bank», qui dispose déjà d’une filiale à Londres, la «Kuwait Finance House» et la «Al-Baraka Islamic Bank» à s’y installer. Elles démarreraient leurs activités par tout juste le financement et l’investissement avant de se lancer en deux ou trois années dans la banque de détail selon un des experts du cabinet Moody’s en France.
Ces banques visent les 5 millions de musulmans résidant en France. Un marché potentiel. Dans une enquête réalisée en mai 2008 par l’Ifop, «500.000 personnes d’origine musulmane seraient très intéressées par des emprunts bancaires respectant la charia». La décision prise par le gouvernement français a été applaudie par Hervé de Charrette, président de la Chambre de commerce franco-arabe.
«L’importation en France de la finance islamique serait un facteur d’intégration», a-t-il déclaré. La finance islamique faisait peur parce qu’à tort, elle est assimilée à l’intégrisme religieux, voire au financement du terrorisme regrette Elyès Jouini, professeur d’économie à l’université de Paris-Dauphine. Aujourd’hui, crise financière aidant, les places financières partout dans le monde se tournent vers ce mode.
Au mois de juillet, Gérard Mestrallet, président de l'association Paris Europlace, une association pour la promotion de la place financière parisienne, avait annoncé à l’occasion de son Forum annuel que des "incitations fiscales" devraient être bientôt annoncées afin de faciliter le développement de la finance islamique en France.
"Nous allons développer à la fois sur le plan réglementaire et fiscal tout ce qui est nécessaire pour rendre vos activités aussi bienvenues ici à Paris qu'elles le sont à Londres et sur d'autres places», avait alors déclaré la ministre française de l’Economie à des investisseurs du Moyen-Orient participant au forum.
En Asie, le Japon envisage de devenir le premier grand pays industrialisé à émettre des obligations publiques "coraniques", respectant à la lettre les préceptes de l'islam. Objectif ? Attirer les fonds en provenance des riches pétromonarchies musulmanes.
La Banque japonaise de coopération internationale (JBIC), a d’ores et déjà annoncé son intention de lancer les premiers «sukuks», ou obligations coraniques sans taux d'intérêt, en coopération avec la Malaisie. «Notre banque est en pourparlers avec la Banque centrale de Malaisie. Le but est d'attirer des pétrodollars non seulement au Japon, mais dans l'ensemble de l'Asie», a déclaré Hiromi Inukai, porte-parole de la JBIC, à l’Agence France Presse.
La JBIC aurait déjà mis en place un comité constitué de spécialistes en droit islamique pour la préparation et le lancement de son obligation, prévu pour le mois de janvier.
«Le Japon et ses entreprises accompliraient un premier pas, et deviendraient des acteurs plus présents dans le monde de la finance islamique. Ils feraient des progrès petit à petit et apprendraient les méthodes», a déclaré Hideki Nukaya, chercheur à l'Institut pour les affaires monétaires internationales au Japon. Les obligations coraniques de la JBIC permettraient aux sociétés nippones de diversifier leurs sources de financement, a-t-il expliqué. Il a, par ailleurs, affirmé que les institutions financières japonaises sont en train de se familiariser avec les méthodes des finances islamiques pour pouvoir les appliquer dans les opérations bancaires habituelles.
En Asie, le leader en la matière est la Malaisie, pays à forte majorité musulmane. Pour consolider sa position, ce pays est actuellement en train de libéraliser son système financier tout en se présentant comme un centre d'éducation à la finance islamique.
Source: webmanagercenter
captcha