Gadio promet la réforme de l'organisation du pèlerinage à La Mecque

17:04 - December 03, 2008
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Sénégal(IQNA)- Le gouvernement sénégalais s'engage à réformer l'organisation nationale du pèlerinage annuel à La Mecque, en raison des dysfonctionnements notés ces dernières années, a annoncé, mardi à Dakar, le ministre des Affaires étrangères.
"Nous allons proposer une journée de réflexion... pour que nous réformions(l'organisation du) pèlerinage(musulman)", a déclaré, Cheikh Tidiane Gadio, devant le Sénat qui examinait en plénière le budget 2009 de son département.
"Il sera très difficile pour les Affaires étrangères(de réaliser) l'unicité de centres de décisions", a-t-il affirmé, avant de souligner "les responsabilités spécifiques des autres ministères" qu'il dit, "être obligé de respecter" dans la gestion de cette tutelle.
Devant les caméras de l'hémicycle, plusieurs parlementaires ont réitéré leurs interpellations faites en commission et sur lesquelles des réponses leur ont été données. A récurrence, le profil du commissaire général au pèlerinage est souvent posé.
Faut-il choisir un arabisant ou un gestionnaire ? Cette question était au centre d'une polémique à peine voilée. "Un arabisant peut un être excellent manager", tranche le ministre dont dépend "la coordination globale" de cette structure ad hoc.
"Le pèlerinage à La Mecque fait couler beaucoup d'encre et de salive. Qui est-ce qu'il faut pour aider nos pèlerins à faire le hadj ? Le missionnaire n'est pas un garde-corps ou un garçon de courses pour commerçant. Des docteurs, des professeurs(d'arabe) et des imams ont eu à gérer le pèlerinage et certainement, nous leur devons que l'Arabie saoudite nous classe 3-ème meilleur pèlerinage et premier africain", a indiqué Sadio Cissé.
Ce sénateur, professeur d'arabe s'activant dans les organisations sociales musulmanes, a souligné pour un commissaire général au pèlerinage la nécessité d'avoir "les connaissances rituelles requises", la maîtrise de la langue du pèlerinage, l'arabe, ou "une connaissance des moindres recoins de La Mecque" pour diriger une telle mission.
D'autres de ses collègues, par contre, à l'instar de Fadel Gaye, pensent qu'en plus du théologique, le chef de mission doit être désigné pour "ses connaissances en organisation et en management". "Cela demande plus que l'arabe", selon lui.
La cause des femmes s'invite également dans le débat parlementaire sur la gestion du pèlerinage. De son côté, Marème Wade plaide pour ses soeurs : "A 75% les pèlerins sont des femmes, je vous prie de choisir des missionnaires femmes". Elle a en outre demandé le retour de la compagnie Air Sénégal international pour transporter prochainement les pèlerins sénégalais.
Il y a l'homme ou la femme, il y a son cadre aussi pour mener à bien une mission, rappellent d'autres parlementaires. Le sénateur Maximilien Diagne a proposé la création d'un office ou d'une direction chargée du pèlerinage, tandis que pour son collègue Moustapha Diop, "le bon profil, c'est celui d'un homme d'ouverture qui puisse compter sur ses collaborateurs".
Le ministre des Affaires étrangères a toutefois prévenu que le statut de chef religieux ne prédispose pas forcément à exercer, comme attendu, la charge de chef de la mission du pèlerinage.
Le budget de son département a été arrêté à 45,6 milliards de FCFA contre 41,2 milliards, en hausse de 10,63%. A l'unanimité, les sénateurs ont confirmé le vote de l'Assemblée nationale.
Les dépenses de personnel sont chiffrées à 16,4 milliards (13,64%) et celles de fonctionnement à 13,7 milliards (11,76%), de transfert à 4,9 milliards (9,48%) et celles en capital à 10,2 milliards (4,6%). Au titre de transfert en capital, les crédits votés sont de 250 millions (56,67%).
Source: APS
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