La crise humanitaire s’approfondie à Gaza

9:56 - January 09, 2009
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Gaza(IQNA)- De nombreuses organisations internationales, dont certaines dépendant de l’ONU, dénoncent les terribles conditions de vie des Palestiniens et la crise humanitaire qui s’approfondie dans cette bande de Gaza meurtrie.
«La situation actuelle à Gaza est épouvantable et de nombreux produits alimentaires de base ne sont plus disponibles», souligne Christine Van Nieuwenhuyse, représentante du Programme alimentaire mondial(PAM) dans les territoires palestiniens.
Elle estime que 6,4 millions d’euros sont nécessaires «pour répondre aux besoins supplémentaires de nourriture en raison du redoublement d’intensité des combats».
«La situation dans la bande de Gaza tient de l’urgence critique désormais», estime de son côté le coordinateur humanitaire de l’ONU pour les territoires palestiniens, Max Gaylard. «Les écoles sont fermées, la population reste cloîtrée à domicile, Gaza subit une crise alimentaire (…), les hôpitaux et les cliniques sont absolument débordés», décrit-il.
La plupart des maisons ne disposent plus d’eau courante qu’une heure ou deux tous les cinq jours. L’électricité est encore plus rare, la seule centrale de Gaza ne disposant plus de carburant. Selon les agences de l’ONU, il n’y a plus de nourriture sur les marchés. À Gaza, les eaux usées stagnent dans les rues, les médecins craignent d’opérer faute d’être sûrs de disposer d’anesthésique ou d’électricité.
La demi-douzaine d’hôpitaux de Gaza ne peuvent plus gérer l’afflux des patients et les blessés débordent jusque dans les couloirs. À l’hôpital Shifa, le principal centre de la ville de Gaza, l’électricité est coupée au moins 20 heures par jour. Les blocs fonctionnent grâce à des générateurs de secours, qui tombent en panne, de même que d’autres matériels médicaux, notamment en raison du blocus israélien en vigueur depuis dix-huit mois.
«La situation est désespérée désormais, les canalisations ont explosé et il y a des déchets - humains, animaux, chimiques - plein les rues», témoignait Hatm al-Ayun, un habitant de Beit Hanoun, quelques heures avant l’entrée des chars israéliens. Parek Babra, qui travaille pour l’ONG Relief International, souligne qu’il n’y a plus de bouteilles de gaz de cuisine depuis deux mois : «Si vous en trouvez au marché noir, il coûte 10 fois le prix habituel.»
Le PAM estime que 80 % de la population dépend désormais des dons de nourriture et les chiffres augmentent tous les jours, à mesure qu’empirent les pénuries de farine, de riz, de sucre, de lait, de conserves et de viande. «Nous n’avons rien. Nous avons besoin de tout», résume amèrement Babra. La situation est décidément «comme elle doit être».
Source: IINA
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