Au total, 4.862 délégués de 1.039 mosquées et salles de prière étaient appelés à élire leurs représentants. Le résultat devait être connu dans la soirée. Les élus devront ensuite voter le 22 juin pour désigner le nouveau bureau exécutif et du président du CFCM.
Voulu par le président Nicolas Sarkozy qui était alors ministre de l'Intérieur, le CFCM, créé en 2003, va changer de président puisque Dalil Boubakeur, à la tête de l'institution depuis sa création en 2003, a retiré sa candidature.
En outre, la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (GMP, sous influence de l'Algérie), qu'il préside, a décidé de boycotter les élections en contestant les règles de désignation du corps électoral.
Nicolas Sarkozy avait beaucoup contribué à l'accession à la présidence de Dalil Boubakeur considéré comme un tenant de l'islam modéré face à l'intégrisme, et comme une figure "historique" de l'islam en France.
Depuis sa réélection arrachée de justesse en 2005, sa représentativité a toutefois était de plus en plus contestée, en raison de son action jugée insuffisante et de l'influence croissante des associations marocaines.
La Fédération nationale des musulmans de France(FNMF) a éclaté et a perdu beaucoup de ses membres - Marocains pour la plupart - au profit du Rassemblement des musulmans de France (RMF). Le vice-président de la FNMF, Mohamed Moussaoui, est candidat à la présidence du CFCM, de même que Haydar Demiryurek, président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF).
La France compte environ de personnes de culture arabo-musulmane, dont 1,5 million d'Algériens et 1 million de Marocains. Logiquement, ce serait donc aux Algériens -la Mosquée de Paris- de chapeauter le CFCM. Mais les Marocains, qui gèrent environ 40% des lieux de culte, affirment compter plus de musulmans pratiquants dans leurs rangs. Ils revendiquent donc la prééminence en réclamant du changement dans le mode de fonctionnement du CFCM.
Empêtré dans la recherche constante d'un consensus entre les diverses composantes de la communauté, le CFCM doit faire face à de nombreuses critiques.
Il lui est reproché de n'avoir pas réglé la question de la formation des imams, ni celle des carrés confessionnels dans les cimetières. Il n'a pas réussi à organiser le pèlerinage de la Mecque dans lequel s'engoufrent tous les ans des agences de voyage fantaisistes et a laissé en sommeil la Fondation pour les oeuvres de l'islam qui doit s'occuper du financement des mosquées.
Jusqu'ici, la plupart de ces questions ont été réglées au niveau local/régional par les CRCM, le CFCM s'occupant surtout de faire le lien entre la communauté musulmane et les pouvoirs publics.
Source: rtlinfo