Les musulmans bâtissent eux-mêmes leur mosquée

11:42 - February 04, 2009
Code de l'info: 1739991
France(IQNA)- La mairie a mis à la disposition de l'association cultuelle et culturelle des musulmans de Rochefort et de Charente-Maritime, un terrain municipal de 1160 m2, rue du Moulin de la Prée dans le quartier du Petit-Marseille.
Un bail emphytéotique de 99 ans pour un loyer annuel de 50 euros, a été accordé. Et le permis de construire délivré, il y a un peu moins d'un an, concerne l'édification d'une mosquée dont les plans ont été dessinés par l'architecte Alain Cagerona.
Certains des musulmans préfèrent parler de «lieu de prières» que de mosquée et, de toute façon, plusieurs salles sont prévues, l'endroit devant permettre également l'organisation de manifestations culturelles et accueillir notamment des expositions.
Le terrain ne coûte donc quasiment rien aux musulmans mais, en revanche, la construction et l'aménagement du bâtiment sont complètement à leur charge. Et ce n'est pas rien, le coût global étant estimé à 300 000 euros.
À une époque, ils avaient envisagé de solliciter des subventions, mais finalement, ils ont préféré s'en dispenser. D'où la décision de réaliser eux-mêmes les travaux.
Les conditions climatiques de ces dernières semaines ont quelque peu retardé le chantier mais il progresse tout de même et les fondations sont terminées.
«On a fait un travail de géant même, sourit Reddad. Quand on a réalisé les fondations, il y avait au moins 50 personnes ici. Des musulmans mais aussi des gens qui ne le sont pas, comme des amis de mes enfants ou des habitants du Petit-Marseille. Moi, c'est mon quartier ici. Cela fait 24ans que je vis à Rochefort, mes enfants y sont nés». Ses amis racontent que les musulmans de Rochefort ne sont pas seuls à s'atteler à cette tâche, d'autres habitants d'Échillais ou d'autres communes des environs, même de La Rochelle, viennent les aider.
Chacun met la main à la pâte, selon sa spécialité, ou plus exactement en fonction du travail à exécuter. Une équipe de sept ou huit personnes, sorte de noyau dur, dirige l'ensemble du chantier.
Ce dimanche, en fin d'après-midi, il fait froid, le vent souffle mais personne ne se plaint, une excellente ambiance règne sur ce petit terrain depuis lequel on entend les clameurs venues du stade voisin.
Les musulmans le disent, ils ont l'impression de faire «quelque chose de bien». A priori, la fin du chantier pourrait avoir lieu dans un an.
Source: sudouest
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