La Conférence, qui s'est tenue dans le cadre de la célébration du 25ème anniversaire de l'UIIM et du 40ème anniversaire de l'OCI, a abordé quatre volets dont l'économie islamique, le banking et la finance islamiques, l'économie des pays de l'OCI, et la coopération économique entre les États membres de l'OCI.
Dans son allocution devant la Conférence, Ihsanoglu a mis en exergue le rôle de l'OCI dans le renforcement de la coopération économique entre les pays musulmans. Il a noté que la Conférence offre une occasion de passer en revue l'état actuel de l'économie islamique dans le monde et de tracer les orientations futures pour le monde musulman.
Ihsanoglu s'est longuement penché sur le processus de réforme au sein de l'OCI et de ses différents organes en soulignant la nécessité pour l'OCI, en tant qu'organisation représentant le monde islamique, de devenir un partenaire actif sur la scène internationale. Il a indiqué que le Programme d’Action décennal de l'OCI (PAD), adopté lors du Sommet de la Mecque en Décembre 2005, fournit un modèle englobant tous les domaines de préoccupation pour le monde musulman qui exigent une action collective de la part de la Oumma islamique. Le PAD, a-t-il ajouté, avait appelé à mettre en œuvre d'importantes réformes au sein de l'Organisation afin de la transformer en une institution influente capable de mettre en avant les problèmes du monde islamique à l'échelle internationale.
Le Secrétaire général a noté que les réalisations les plus considérables au niveau de la réforme de l'OCI ont été l'adoption d'une nouvelle charte lors du 11ème Sommet de l'OCI, et le travail de base en vue d'établir une Commission permanente indépendante pour les droits de l'homme suivant les stipulations du PAD. Il a affirmé que l'OCI s'est avérée être un acteur incontournable au niveau international, en particulier dans le dialogue entre les civilisations, la défense de l'image de l'islam, la lutte contre le phénomène de l'islamophobie, et le traitement des questions politiques concernant la Palestine, l'Irak, le Liban, l'Afghanistan, le Jammu-et-Cachemire, le Darfour, la République turque de Chypre du Nord, le Haut-Karabakh, la Somalie, la Côte d'Ivoire, ainsi que les communautés musulmanes dans les Philippines et en Thaïlande.
Le Secrétaire général a également cité d'autres réalisations qui comprennent la ratification et la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l'OCI et les conventions signées par les États membres de l'OCI dans les domaines des télécommunications, de la métrologie et des normes, de l'aviation civile, des systèmes préférentiels de commerce, de la lutte contre le terrorisme international croissant, et de la coopération économique, technique commerciale. Ces réalisations représentent une étape essentielle en vue de faire avancer l'action islamique commune.
Le Professeur Ihsanoglu a aussi souligné les sérieux efforts déployés par l'OCI au cours des quarante dernières années visant à développer les cadres institutionnel et juridique multilatéral par le biais duquel les États membres pourraient coopérer et renforcer leurs actions économiques conjointes. Depuis sa création, expliqua-t-il, l'OCI a créé un nombre d'institutions économiques telles que la Banque islamique de développement (BID), le Comité permanent pour la coopération économique et commerciale (COMCEC), le Centre de recherches statistiques, économiques sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC) et d'autres organes, et a réussi à formuler un plan d'action pour le renforcement de la coopération économique entre les pays membres de l'OCI.
Ihsanoglu a souligné que l'OCI a lancé un programme d'action qui a contribué à réduire la pauvreté et à renforcer les capacités dans les États africains membres de l'OCI les moins avancés, tout en indiquant que l'OCI a chargé le COMCEC à accroître le niveau de commerce intra-OCI. Après s'être accru de 14,5 pourcent en 2004 à 16,67 pourcent en 2008, le commerce intra-OCI devrait atteindre 20 pourcent en 2015. La part des États membres de l'OCI dans le PIB mondial a, pour sa part, augmenté de manière sensible. En 2007, avec près de 22 pourcent de la population mondiale, les États membres de l'OCI ont réalisé 6,8 pourcent du PIB total mondial et 9,8 pourcent au niveau des exportations des marchandises contre 6,1 pourcent et 9,2 pourcent en 2006. En 2008, la part des États membres de l'OCI dans le PIB mondial devrait s'élever à 7,3 pourcent, a-t-il précisé.
Une autre réalisation, comme l'a souligné le Secrétaire général, a été la création de la Société islamique internationale de financement du commerce (SIIFC) au sein du Groupe de la BID. Avec un capital autorisé de 3 milliards de dollars et un capital souscrit de 750 millions de dollars, la SIIFC a approuvé le financement de projets dont le montant s'élève à 2,6 milliards de dollars en 2007 dont 77 pourcent ont été orientés vers le financement du commerce intra-OCI. La BID a également créé un Fonds de solidarité islamique pour le développement (FSID) d'un montant cible de 10 milliards de dollars. En 2008, le Groupe de la BID a également élaboré un programme spécial pour le développement de l'Afrique (SPDA) pour réduire la pauvreté, promouvoir la croissance économique et renforcer la compétitivité des Etats africains membres de l'OCI sur la scène économique internationale.
Ihsanoglu a affirmé que l'OCI met l'accent sur la facilitation du commerce, à travers notamment le développement des infrastructures de transport. À cette fin, l'OCI a initié des rencontres pour matérialiser le projet de l'OCI de la ligne ferroviaire Dakar-Port-Soudan, qui permettra de relier les pays d'Afrique de l'Ouest aux pays d'Afrique orientale.
Dans le domaine de l'industrie et du tourisme, les États membres de l'OCI s'évertuent activement à promouvoir la coopération. Par exemple, le secteur du coton ne cesse de jouer un rôle important dans le développement socio-économique de plus de 20 États membres de l'OCI, qui détiennent 28 pourcent de la production mondiale du coton, 24 pourcent de la consommation mondiale du coton, 36 pourcent des exportations mondiales du coton et 27 pourcent des importations mondiales du même produit. Il a noté, cependant, que l'un des plus grands défis auquel est confrontée aujourd'hui l'OCI est le déséquilibre économique qui existe entre ses Etats membres, ce qui devrait être considérée comme un impératif de mieux coopérer plutôt qu'un obstacle entravant la coopération.
Le Secrétaire général a conclu que la crise financière mondiale que connait le monde à l'heure l'actuelle fût précédée par une crise alimentaire qui a perturbé l'économie et le commerce international des produits agricoles et a mis en évidence la fragilité de la sécurité alimentaire mondiale, incitant de cette manière plusieurs responsables à travers le monde à douter de l'intégrité et la viabilité de l'actuel système financier. Toutefois, le banking et la finance islamiques ont maintenant la possibilité de devenir des éléments importants de l'ordre financier mondial émergent en vue de retrouver et renforcer la confiance.
Source: OCI