10:59 - May 01, 2009
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Al Qods islamique, invitée d'honneur de la culture: l'autre voie de la résistance

Tunis(IQNA)- Proclamée capitale de la culture arabe pour l'année 2009, Al Qods a brillé par une forte présence dans cette 27e édition de la Foire internationale du livre de Tunis, dans laquelle elle est l'invitée d'honneur.

A l’occasion, une conférence intitulée "Al Qods à travers la littérature et l’histoire" a été organisée mardi en présence de M.Boubakr Ben Fraj, directeur de la Foire du livre, de Son Excellence, M. Souleimane Harfi, ambassadeur de Palestine en Tunisie, et de nombreux responsables et hommes de culture palestiniens qui se sont déplacés malgré toutes les difficultés rencontrées pour quitter leur pays.
Les conférenciers Nadhmi Jaâba, Mahmoud Chaqir et Walid Abou Bakr ont montré, chacun à sa manière, le pluralisme identitaire et culturel d’Al Qods et ont expliqué comment la culture, au même titre que les armes, est un moyen de résistance très efficient contre l’occupation. Ils ont également montré du doigt les différentes stratégies mises en place par les Israéliens pour effacer la mémoire et gommer l’identité arabe, chrétienne et musulmane de la ville.
M..Nadhmi Jaâba s’est intéressé à l’architecture qui constitue incontestablement l’une des composantes de l’identité nationale de chaque peuple. Il a montré comment la Vieille Ville d’Al Qods, étalée sur seulement un kilomètre carré de superficie, regorge de joyaux architecturaux souvent uniques, fruit d’une accumulation de savoir-faire en matière d’architecture et d’urbanisme à travers les milliers d’années. "C’est un véritable grenier de monuments", a-t-il déclaré. En effet, son métissage identitaire, religieux et racial fait qu’Al Qods, terre sacrée et point de rencontre des civilisations, soit d’une richesse architecturale des plus rares au monde. Nous ne citerons que la Mosquée Al Aqsa, l’église Al Qiama(symbole du christianisme), le mur construit par les Ottomans et resté intact jusqu’à aujourd’hui, et les quelque 60 monuments du patrimoine mamlouk. La ville est par ailleurs marquée par une cohabitation pacifique et des plus heureuses entre les mosquées et les églises.
M.Nadhmi Jaâba a, par ailleurs, expliqué comment les Israéliens détruisent les monuments de la ville ainsi que toutes les références au patrimoine riche et vieux de plusieurs siècles (comme la "Hara des Maghrébins"). C’est par le terrassement qu’ils veulent provoquer l’amnésie, en vue d’affaiblir davantage un peuple désarmé. On nous a également appris que l’occupant procède à des fouilles archéologiques prétextant dévoiler des monuments juifs ... Ils sont en train de creuser des tunnels à Al Qods, ce qui risquerait de fragiliser les fondations de la mosquée Al Aqsa. Mais M.Nadhmi Jaâba a assuré que les 36.000 Palestiniens qui vivent encore dans la Vieille ville œuvrent de toute leur force pour sauvegarder et restaurer les monuments-symboles.
De son côté, le grand écrivain Mahmoud Chaqir a abordé le problème de l’identité autrement. Il a parlé des nouveaux genres littéraires qui ont émergé du contexte de l’occupation. Il s’agit de la "littérature du retour" créée par les écrivains qui étaient en exil, ainsi que de la "littérature satirique" qui tourne en dérision, la réalité de la vie, dans les territoires occupés.
Enfin, parlant d’"Al Qods dans le roman palestinien", l’éditeur et écrivain Walid Abou Bakr a expliqué pourquoi Al Qods, ville complexe dans son unité, n’existe pas beaucoup dans la littérature palestinienne : "Elle leur fait peur", dit-it. L’éditeur a, en outre, présenté les orientations dans la prose palestinienne. Il a évoqué les écritures de Émile Habibi, Sahar Khalifa, Jamel Zaki Qawacimi, Liana Badr et Amani Jenid qui reflètent un souci d’archivage et de documentation, une vision touristique, une critique virulente de la réalité et une approche intimiste ou sentimentale. La littérature palestinienne tente de briser l’isolement et de casser la peur. Elle est sans aucun doute l’un des aspects de la résistance. Cette journée consacrée à Al Qods capitale culturelle arabe a été clôturée par, un récital poétique qui a réuni des poètes de renom comme Ahmed Dahbour de Palestine, Karim Maâtouq, des Émirats arabes Unis, et Adam Fathi, Moncef Mezghenni et Sghaïer Awled Hmed de Tunisie.
Toutefois, la présence d’Al Qods parmi nous ne se limite pas à cette journée. Un grand stand lui est réservé pendant toute la durée de la foire et qui propose: un hommage au poète Mahmoud Darwich à travers une série de photos et de recueils, une exposition d’arts plastiques intitulée "Choumoukh", du peintre palestinien Taleb Douik, d’anciennes photographies de la Vieille ville d’Al Qods, des manuscrits rares du Coran, ainsi que des variantes du costume traditionnel et de l’artisanat palestinien.
Source: jetsetmagazine
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