‘’Aujourd’hui, le dialogue des religions chrétiens et musulmans’’, des communautés religieuses, devrait permettre que les croyants de diverses religions, à travers le monde, unissent leurs forces et leurs idées pour, par exemple, promouvoir les valeurs morales et spirituelles’’, a déclaré le chef de l’Eglise catholique du Sénégal, dans un entretien avec le magazine l’Inconnu.
Trimestriel international bilingue, cette publication est éditée par le ‘’maître spirituel sénégalais’’ Souleymane Sarr dont des extraits de son livre à paraître sont publiés dans L’Inconnu.
Le magazine informe aussi sur ‘’les mystères de la vie et du monde’’, ainsi qu’il ‘’dévoile les arcanes de la spiritualité’’ et ‘’parle des héros de notre temps, du temps passé et des acteurs émérites de l’Histoire’’.
Ce premier numéro présente le Nobel de la paix Mohamed Yunus, un économiste bangladais, et Ousmane Dan Fodio, ‘’l’empereur peulh aux pieds nus dont les ancêtres venaient de Diama Al-Waly Guédé’’. Il met également en relief ses aperçus sur la Franc-maçonnerie, la réincarnation, les modalités du Karma et ‘’l’influence de l’Egypte pharaonique noire sur les religions révélées’’.
Le nouveau magazine par ailleurs propose des rubriques consacrées à l’environnement, la santé, l’éducation, les jeunes, les enfants et les phénomènes de société.
Dans son large entretien avec l’archevêque de Dakar, L’Inconnu lui a tiré des confidences, de son enfance à sa mission pastorale, ainsi qu’il donne l’opinion du chef de la communauté catholique sénégalaise sur divers thèmes de société.
‘’Quand on est dans un monde sécularisé, un monde où l’Occident perd de plus en plus le sens de la religion, les communautés religieuses pourraient dire, nous avons peut-être comme mission de promouvoir les valeurs morales et spirituelles, de rappeler aux êtres humains que Dieu existe, et que l’homme cherche à avoir une relation avec Dieu’’, prêche le cardinal Sarr estimant que ‘’c’est légitime, c’est valable, c’est bon et c’est à encourager’’.
‘’Le dialogue doit aboutir en quelque sorte à une collaboration pour le bien’’, a-t-il toutefois précisé. ‘’Je me réjouis des bonnes relations qui existent au Sénégal entre chrétiens et musulmans, (de) vivre sincèrement ces bonnes relations moi-même’’, a confié Théodore Adrien Sarr.
Mieux, il invite les deux communautés religieuses ‘’à voir comment arriver à ce que chrétiens et musulmans au Sénégal, cultivant ce dialogue et cette bonne relation, puissent arriver à travailler davantage ensemble pour le bien du pays et pour le bien des populations’’.
De son point de vue, il s’agit aussi de ‘’montrer au monde qu’il est possible que des croyants de différentes religions arrivent à vivre en bonne entente, à se respecter et à travailler ensemble pour le bien de la société et pour le bien des autres’’.
‘’Quand je cause avec certains musulmans, je peux trouver chez eux une attitude, une attention à telle ou telle vérité sur la relation avec Dieu qui, pour moi-même, est stimulante’’, confie-t-il.
Ce natif de Fadiouth, ‘’un village à grande majorité chrétienne’’ où il est né le 28 novembre 1936 signale que chez lui, l’adhésion à la religion chrétienne est ‘’un legs familial’’. ‘’Dieu merci, dès l’âge de la raison, j’ai aimé la religion dans laquelle on m’a baptisé’’, se félicite-t-il.
Son prédécesseur à la tête de l’église du Sénégal, le cardinal Hyacinthe Thiandoum, décédé le 18 mai 2004 en France, l’avait incité à reprendre ses études qui lui ont permis de décrocher une maîtrise en lettres classiques (latin et grec). Théodore Adrien Sarr venait d’être ordonné prêtre pour le diocèse de Dakar, le 28 mai 1964. Il sera par la suite évêque de Kaolack qu’il quitta bien plus tard pour revenir à l’archevêché.
L’actuel archevêque de Dakar a été élevé au rang de cardinal le 24 novembre 2007, lui permettant d’intégrer le Sacré-collège à Rome qui compte 201 membres dont 9 Africains. Le cardinal Sarr a été nommé, le 12 juin 2008, membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples.
Pour les fidèles de Rome, le dialogue islamo-chrétien a été promu à partir du Concile Vatican II, tenu entre 1962 et 1965, se distinguant par ‘’une ouverture de l’église catholique au monde’’ et ‘’autres communautés religieuses’’. Il a lancé l’idée que les fidèles cultivent cet esprit d’ouverture envers les autres croyances’’.
Source: APS