"La preuve de cet intérêt est que le président Bachar al-Assad prendra part à la séance d'ouverture et y prononcera une allocution, démontrant le souci de la Syrie de cette organisation et son appréciation de ses résolutions soutenant ses positions pour la libération du Golan, la chose que nous travaillons par tous les moyens à la réaliser, et refusant les sanctions unilatérale que les Etats-Unis lui imposent en contravention de la loi internationale", a dit M. al-Mouallem dans un entretien accordé à la télévision syrienne, retransmis ce soir, soulignant la participation massive des ministres des affaires étrangères des pays de l'OCI, la 2ème plus grande instance internationale après la Nations Unies, à la session de Damas.
Questionné sur les objectifs de l'OCI et ce qui est attendue de la session de Damas pour les réaliser, M. al-Mouallem a rappelé que le mot d'ordre de cette session est vers une solidarité islamique, "la solidarité est le premier pas, la 2ème est une position unifiée face aux tentatives d'Israël de judaïser al-Qods, et le 3ème est l'appui au peuple palestinien dans sa lutte pour libérer al-Qods et tous ses territoires occupés en 1967", a poursuivi M. al-Mouallem, insistant sur la nécessité également de mettre en exergue les souffrances des compatriotes à Gaza du fait du blocus inique, du bouclage continu des passages et d'une agression incessante, et plaidant pour la nécessité que l'actuelle conférence prenne une position à l'égard de cette situation inhumaine que vivent les compatriotes dans ce secteur.
"La résistance de notre peuple à Gaza s'est imposée non seulement sur les pays islamiques, mais sur tous les pays sur la scène internationale. L'agression israélienne flagrante sur Gaza a soulevé l'opinion publique mondiale. Alors, la fermeté est l'essence et ce que nous faisons c'est soutenir cette fermeté", a précisé M. al-Mouallem.
"La position de l'OCI est claire à ce sujet et tous ses membres sont pour le retrait d'Israël de tous les territoires arabes occupés en 1967, y compris d'al-Qods, mais ce qu'il nous faut en tant que pays islamiques c'est un effort plus grand dans les instances internationales pour empêcher Israël de judaïser al-Qods", a souligné M. al-Mouallem qui a fait savoir qu'à la réunion de Damas nombre des pays membres vont signer la charte amendée de l'organisation, ainsi que les pays qui l'avait ratifiée.
Il a également fait noter que les relations, bilatérales ou collectives, entre les pays membres allaient au-delà de la dimension politique pour toucher les domaines culturel, financier, économique et de développement…, précisant que le ministre des finances signera en effet un accord de crédit avec la banque islamique de cent millions d'euros, que des conférences économiques et culturelles se réuniront également en marge de la conférence.
Et à la question sur l'activation des résolutions prises déjà par l'OCI et les autres organisations telle que la Ligue Arabe, M. al-Mouallem a souligné que le problème n'est pas dans les résolutions mais dans l'engagement à leur application. "Ce qu'il nous faut c'est d'avoir foi en ces résolutions et de travailler volontairement et avec foi et conviction sur la scène internationale pour les faire appliquer", a précisé le chef de la diplomatie syrienne, affirmant la résolution de n'épargner aucun effort avec les pays membres pour activer l'action de l'organisation.
A propos d'al-Qods et du changement démographique qu'elle subi du fait des pratiques des forces d'occupation israélienne, M; al-Mouallem a souhaité que l'organisation puisse fournir aux Palestiniens d'al-Qods un soutien effectif qui se matérialise par une position claire et ferme, et des moyens de pression qui mettraient un terme au mépris d'Israël des résolutions des Nations Unies.
"Nous avions fortement travaillé pour introduire le boycottage d'Israël à l'OCI", a fait noter M. al-Mouallem qui trouve qu'Israël aujourd'hui est en effet l'ennemi du monde arabe, du monde islamique et de la communauté internationale "or ses actes et les massacres qu'il n'hésite pas de commettre sont contre la communauté internationale et ses principes", a précisé M. al-Mouallem.
Et sur la possibilité de pouvoir instaurer la paix avec l'absence de la volonté israélienne de faire la paix, M. al-Mouallem a dit: "qu'il la désire ou non, nous continueront à plaider pour la paix juste et globale tout en prenant nos dispositions pour libérer la terre".
Pour M. al-Mouallem il n'y avait pas de différence entre Netanyahou et ses prédécesseurs. "Nous avions négocié vainement pendant 17 ans; aujourd'hui il n'y a pas de processus de paix, la question aujourd'hui est une volonté de faire la paix. Si Israël avait la volonté de faire la paix, nous retournerons non pas à des négociations vaines, mais pour réaliser l'objectif de libérer tous les territoires arabes occupés en 1967, y compris al-Qods, et pour établir l'Etat palestinien indépendant et pour le retour des réfugiés à leur Patrie en exécution de la résolutions 194", a-t-il précisé.
Et de poursuivre: "Nous ne mettons pas des conditions, mais nous nous attachons aux résolutions de la légalité internationale. Sans une volonté israélienne réelle de faire la paix, et sans une position américaine obligeant Israël à faire la paix, les Etats-Unis étant le soutien d'Israël, les négociations seraient inutiles et pas la peine de perdre du temps. Alors, ou bien une volonté de faire la paix ou pas de négociations; enfin, on ne peut pas obliger quiconque à engager des négociation absurdes".
M. al-Mouallem a rappelé dans ce sens que la Syrie avait des engagements de différents gouvernements israéliens, depuis l'an 199, à se retirer de tout le Golan, jusqu'à la ligne du 4 juin 1967. "Ces engagements ne sont pas des conditions mais des impératifs de la paix; si Israël ne s'y conforme, à quoi bon négocier?", s'est-t-il exclamé, stigmatisant qu'on peut s'attendre qu'on accorde de nouvelles concessions à chaque nouveau gouvernement israélien; "je ne sais à quelle ligne retournerons-nous alors au lieu de la ligne du 4 juin 1967".
Questionné sur la position de l'OCI envers les tentatives de faire de l'Iran l'ennemi des Arabes au lieu d'Israël, M. al-Mouallem a rappelé que l'Iran est membre de l'OCI, qu'il est voisin du monde arabe et qu'il avait toujours soutenu les causes arabes. "Ceux qui répondent à ces prétentions, qui sont israéliennes, sont ceux qui ne voulaient pas une solution juste du conflit arabo-israélien", a-t-il indiqué, affirmant que l'Iran ne pourrait être ennemi des Arabes et que l'ennemi est celui qui occupe nos terre et refuse de s'en retirer.
Au sujet de la position de l'OCI envers les positions de certains pays occidentaux à l'égard de l'Islam, M. al-Mouallem a souligné la nécessité pour le monde islamique de profiter de l'éveil de la communauté internationale après Durban 2 envers l'Islam et de prendre des positions effectives soutenant les causes islamiques.
M. al-Mouallem a souligné que l'appui des pays islamiques à la Syrie e à ses positions est permanent, et que cette organisation avait un rôle important dans la réalisation de la paix juste et globale dans la région.
Questionné sur la possibilité de l'extension de l'initiative arabe de paix pour devenir islamique, M. al-Mouallem a exclut cette possibilité.
Source: OCI