Dans un appel lancé aux donateurs, le Comité de pilotage des travaux de la mosquée du Plateau présidé par le Directeur général des Impôts indique que l'achèvement du projet nécessite la somme de 4,8 milliards FCfa.
En attendant, sur le terrain, l'édifice acquiert progressivement son statut. Les occupants ont quitté l'esplanade où ils célébraient les prières, parfois exposés aux intempéries, pour intégrer la salle de prière. Une salle entièrement marbrée où l'on est accueilli, en dehors des heures d'adoration, par des rangées de nattes qui attendent les fidèles.
A la place de l'imam, c'est un grand tapis de prière. Au même endroit, le mur est recouvert de petits carreaux argentés qui rejettent leur éclat sur le reste de la salle peinte en vert. Les piliers de couleur bleu entourent un dôme multicolore. Les murs sont séparés par de grandes fenêtres vitrées.
Au fond de la salle, une mezzanine non encore utilisée. A la gauche de la place de l'imam, il y a la porte du rectorat. Il comprend une salle d'attente et le bureau du chef de la communauté désormais appelé recteur (lire son interview). Elle comprend un salon qu'on aperçoit à sa droite après la porte, et un meuble derrière lequel se trouve un fauteuil au fond du local.
Des marches conduisent au niveau supérieur qui compte une dizaines de bureaux encore à l'état brut. S'ajoute un appartement de cinq pièces, la future résidence du guide. A l'extérieur, la clôture en tôle faite depuis le début des travaux est encore là. Difficile d'imaginer, en y arrivant, que l'intérieur est fonctionnel. L'esplanade qui a accueilli les fidèles après leur départ du parking du palais présidentiel est isolée avec une autre clôture pour des travaux d'aménagement.
Les toilettes prévues pour la mosquée n'étant pas encore terminées, les fidèles se soulagent à l'intérieur d'un conteneur aménagé à cet effet. Ce lieu d'ablution est à l'entrée de l'édifice située non loin des locaux de l'Office nationale de la protection civile (Onpc). Retour vers la salle de prière. La véranda qui y conduit attend encore sa première couche de peinture. La dalle est couverte de moisissure par endroits.
Un vigile assis à l'entrée de cette véranda surveille tous les mouvements. Il faut veiller à ce que personne ne vienne voler le matériel de l'entrepreneur. Il faut aussi savoir qui entre et qui sort de la salle de prière dont l'entrée est toujours libre.
Un site que la communauté musulmane du Plateau va baptiser ''mosquée de la transparence' puisque les prières et les sermons se faisaient en plein air. D'année en année, le nombre de fidèles va croitre au point où le parking ne peut plus les contenir, surtout le vendredi. La communauté rêve alors à une mosquée digne de ce nom. Ce rêve commence à devenir réalité à partir de 1993 où le président Houphouët Boigny leur promet la construction de cette mosquée. La pose de la première pierre est faite par Henri Konan Bédié en 1993. Les travaux débutent en grande pompe. Rapidement, la silhouette bleu or de l'édifice religieux baptisée aujourd'hui mosquée Salam (qui signifie paix en arabe), prend toute sa place dans le paysage du quartier des affaires.
Le projet s'arrête en janvier 2002, faute de financements. A cette date, les travaux réalisés se chiffraient à 8,1 milliards Fcfa pour un coût total de13, 4 milliards Fcfa. Ils reprennent en 2002 grâce au chef de l'Etat. Dans le deuxième semestre de cette année, Laurent Gbagbo
autorise la célébration des cultes sur l'esplanade, mettant ainsi fin aux nombreux désagréments causés aux fidèles. Il offre la somme de 500 millions de Fcfa pour la reprise des travaux. Grâce à ce don qui s'ajoute aux 142 millions de Fcfa disponibles à cette date sur le compte de la mosquée dans les écritures de la Bicici (Agence centrale), les travaux ont pu redémarrer avec l'aménagement de l'esplanade et de la salle destinée au culte. Pour conduire à terme cet important projet, un Comité de Suivi des dépenses et de recherche de financements pour les travaux d'achèvement est mis en place. Ce comité dirigé par le Directeur général des impôts, Lambert Feh Kessé, a pour mission de rechercher les financements nécessaires à l'achèvement des travaux, suivre l'exécution effective des travaux et d'engager les dépenses.
La maîtrise d'œuvre de l'ouvrage et le contrôle des travaux continuent d'être assurés par le Bureau national d'études techniques et de développement (Bnetd). Les besoins de financement qui se chiffrent à environ 4,8 milliards de francs CFA.
Source: abidjan