Festival de la radio et de la télévision: colloque sur «Al Qods dans les documentaires arabes»

13:02 - July 18, 2009
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Tunis(IQNA)- Le rideau a tombé sur la quatorzième édition du Festival arabe de la radio et de la télévision organisée depuis le 11 juillet, à Tunis, par l’Union des radios et des télévisions arabes (Asbu).
La ville sainte a été au cœur des différentes manifestations de cette présente édition, l’Asbu l’a choisie comme thématique principale du festival dans le cadre de la célébration d’Al Qods capitale culturelle arabe. Un colloque intitulé "Al Qods dans les documentaires arabes" a été organisé, lundi dernier, réunissant une pléiade d’experts du secteur de l’audiovisuel.
Ce colloque s’inscrit, d’après l’homme de culture Fraj Chouchène (modérateur), dans la continuité du travail entretenu par l’Asbu, depuis 2003, pour promouvoir ce genre audiovisuel, et ce, à travers des productions communes, des ateliers de travail, des séminaires, etc.
Cette rencontre scientifique a été une occasion pour débattre en profondeur de la production des documentaires arabes consacrés à Al Qods et de leur rôle dans la lutte contre les stratégies israéliennes de judaïsation de la ville sainte. Une politique qui continue à plein régime et qui vise à occulter l’identité réelle de la ville et de ses citoyens et à changer la Vérité.
Quelle image les documentaires arabes offrent-ils d’Al Qods, où se situent-ils dans le conflit israélo-palestinien et comment reflètent-ils la Cause palestinienne? Quels messages les documentaires israéliens transmettent-ils, de l’autre côté, au monde entier ?
Premier intervenant, Khalil Takafji, membre du comité présidentiel des affaires d’Al Qods, a attiré l’attention sur le fait que les documentaires arabes consacrés à la ville sainte focalisent le plus souvent sur les symboles religieux.
D’après lui, Al Qods ne se résume pas à la seule Mosquée du Rocher et ne se limite pas aux seuls monuments historiques. "Il y a une réalité tout autre, un vécu et une souffrance quotidiens que l’objectif de la caméra ne transmet malheureusement pas", précise-t-il. S’appuyant essentiellement sur l’aspect géopolitique pour étayer ses propos, Khalil Takafji rappelle, à titre d’exemple, qu’Al Qods est une ville au statut spécial, divisée par un long mur en béton, ses frontières moultes fois redessinées et par les colonisations et par l’occupation. Ce qui a des répercussions considérables sur la vie de ses citoyens. Des détails d’une vie atypique que les documentaires reflètent très peu, sinon jamais.
Dr Héni Moubarak, Palestinien enseignant à l’Ipsi (Institut de presse et des sciences de l’information de Tunis), a regretté, quant à lui, de n’avoir vu jusqu’à ce jour aucun documentaire arabe qui soit à la hauteur de la cause palestinienne. Il a appelé à ce que ces créations mettent davantage le point sur les stratagèmes sionistes pour la judaïsation de la ville sainte. ll a expliqué que l’argument religieux est le cheval de bataille, le dernier argument pour prouver le bien-fondé de la présence injustifiée de l’Etat hébreux sur les terres palestiniennes. Dans le même sens, sous couvert de fouilles archéologiques ayant pour dessein de dévoiler d’éventuelles traces de l’existence juive à Al Qods, les Israéliens tentent de détruire la Grande mosquée qui se trouve aujourd’hui en danger. "Un véritable acharnement que les caméras arabes doivent absolument montrer au monde entier", dit-il.
Anane Barakat, scénariste et directeur-fondateur de l’école de cinéma arabe palestinienne, a expliqué que de l’autre côté, utilisé comme outil de propagande, le cinéma israélien ne cesse de défigurer l’image des Arabes en vue de justifier leurs actes. Il a, par ailleurs, ajouté que très souvent, les cinéastes arabes voient Al Qods à travers le prisme des Occidentaux. Encore, quand ils sont pourvoyeurs de fonds, ces derniers imposent leurs idéologies et les grandes lignes dans les documentaires.
Montassar Maraî, de la chaîne Al Jazira Documentaire, a affirmé, de son côté, que l’industrie culturelle du documentaire dans le monde arabe est quasi inexistante. Ceci revient aux problèmes de financement, à l’absence de sociétés de production spécialisées, au manque de rentabilité, aux difficultés de la distribution, mais aussi à l’absence d’une culture du documentaire chez le citoyen arabe
Finalement, "Al Qods dans les documentaires arabes" a été clos, suite au débat, par un ensemble de recommandations dont les plus importantes sont d’accorder un intérêt particulier aux archives palestiniennes éparpillées dans plusieurs pays, matière essentielle pour les documentaires, et de faire des efforts supplémentaires pour transposer en sons et en images le quotidien des Palestiniens, les documentaires étant un moyen efficace de lutte et de résistance contre l’occupation.
Et pour que le colloque ne soit pas un ensemble de vains mots, les responsables de la chaîne Al Jazira Documentaire ont annoncé l’offre d’un budget d’environ cinq cent mille dollars pour la production de documentaires sur Al Qods.
«Al Qods dans les documentaires arabes» a été suivi, mardi dernier, de la «Journée Al Qods» avec au programme la projection d’un bouquet de documentaires arabes sur la ville sainte en présence de M. Slaheddine Maaoui, directeur général de l’Asbu, de M. Mohamed Khamichi, ambassadeur et secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, de M. Adnane Hassini, gouverneur d’Al Qods, ainsi que de nombreuses personnalités et de professionnels du secteur audiovisuel. Une occasion de confronter les expériences et d’échanger les idées, en attendant les films fidèles à la réalité.
Source: jetsetmagazine
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