A l'ouverture de la session, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Navi Pillay a déclaré que la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés restait préoccupante et que de nombreux indices permettaient de conclure que tous les belligérants ont commis et commettent encore de graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire.
Les restrictions imposées par Israël à l'entrée des Palestiniens dans la mosquée al-Aqsa de Jérusalem doivent être levées, a déclaré Pillay. Elle s'est préoccupée des démolitions et expulsions de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est en particulier.
Pillay a constaté que l'impunité règne, dans les territoires occupés, pour les auteurs de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme. Elle a rappelé à toutes les parties la nécessité de diligenter des enquêtes impartiales, rapides et approfondies au sujet des allégations de violations des droits de l'homme et du droit humanitaire.
Israël et la Palestine ont fait des déclarations à titre de parties concernées. Le représentant d'Israel a fait remarquer que le Conseil des droits de l'homme se réunissait il y a tout juste deux semaines et que depuis, aucun événement n'est intervenu qui puisse justifier la convocation d'une session extraordinaire. Il a contesté le rapport Goldstone, en le qualifiant d'un document déséquilibré qui accuse Israël de crime de guerre pour avoir répondu aux attaques du Hamas, des criminels de guerre qui ont ouvertement appelé à la destruction d'Israël et lancent des milliers de roquettes sur le pays.
Le représentant de la Palestine a déclaré que la Palestine cherchait depuis longtemps, avec d'autres partenaires, les moyens de mettre en oeuvre les idées et recommandations des institutions des Nations Unies pour rétablir la paix et assurer le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien.
Selon le représentant de la Palestine, les Palestiniens sont ouverts à toute possibilité de relance du processus de paix, en dépit des obstacles qui se dressent toujours. Le rapport Goldstone pose des jalons importants pour une réalisation du processus de paix respectueuse du principe de responsabilité, a-t-il affirmé.
La Tunisie au nom du Groupe arabe, l'Égypte au nom du Mouvement des pays non alignés et en son nom propre, le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence islamique, la Suède au nom de l'Union européenne, le Nigéria, au nom du Groupe africain ainsi qu'une trentaine de pays ont pris la parole.
Plusieurs pays ont salué la qualité et l'équilibre du rapport de la Mission d'établissement des faits, le rapport Goldstone, se félicitant que ce document défende les principes de justice, de responsabilité et de lutte contre l'impunité.
De nombreuses délégations ont dénoncé la poursuite par Israël de mesures visant à isoler Jérusalem-Est du reste des territoires palestiniens occupés et pour en modifier la composition démographique, de même que la colonisation illégale menée dans les territoires palestiniens occupés, la construction d'un mur de séparation, le transfert de colons israéliens, les restrictions de mouvement imposées aux Palestiniens et les excavations autour et sous la mosquée al-Aqsa.
Cette session était convoquée à la demande de la Palestine, appuyée par les 18 Etats membres du Conseil des droits de l'homme: Arabie saoudite, Bahreïn, Bangladesh, Bolivie, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, Gabon, Indonésie, Jordanie, Maurice, Nicaragua, Nigéria, Pakistan, Philippines, Qatar et Sénégal.
Le Conseil des droits de l'homme poursuivra vendredi cette session extraodinaire avant de se prononcer sur un projet de résolution.
Source: xinhua