Il existe aujourd'hui également toute une gamme d'indices boursiers islamiques permettant de suivre l'évolution de cette branche de la finance par secteur et par zone géographique. Ces indices sont publiés depuis quelques années déjà par les fournisseurs d'indices les plus connus, à l'instar de Dow Jones, Standard and Poor's et FTSE.
Les principes sur lesquels repose la finance islamique comprennent l'interdiction de l'intérêt usuraire, le partage des pertes et des profits entre l'entrepreneur et l'investisseur, l'adossement de toute transaction à un actif tangible - ce qui garantit la traçabilité des opérations financières -, l'interdiction de toute activité jugée illicite en Islam comme la pornographie, l'armement ou encore l'alcool.
Depuis la crise financière, la finance islamique a été érigée en alternative au système financier conventionnel. De par ses principes, il est vrai qu'elle apporte de nouvelles solutions de financement, notamment pour les PME. Elle apporte également de la liquidité au marché puisqu'elle attire de nouveaux investisseurs qui trouvent dans cette approche une concordance avec leurs principes éthiques. Elle offre, de plus, de nouvelles voies de diversification en matière de gestion de portefeuille puisqu'elle garantit la traçabilité et fait émerger de nouvelles opportunités et de nouveaux risques.
Toutefois, pour constituer une vraie alternative, la finance islamique doit relever le défi de la performance. La viabilité de cette branche de la finance n'est pas assurée par la seule offre nouvelle qu'elle insuffle dans le système financier mondial, encore faut-il qu'elle garantisse une performance qui soit à un niveau acceptable comparée à celle de la branche conventionnelle.
Or, sa mise en oeuvre génère des coûts non négligeables. En effet, les coûts peuvent provenir directement de la mise en pratique des principes mêmes de la finance islamique, mais aussi de la limitation de son univers d'action du fait de l'application de critères d'exclusion. La recherche académique permettant de trancher cette question de la performance est encore à ses balbutiements.
L'essor de la finance islamique comme finance alternative peut ainsi s'expliquer par l'originalité de ses principes fondateurs et les solutions nouvelles qu'elle propose, mais peut-être aussi par une performance qui se maintiendrait en dépit des coûts qui lui sont spécifiques et qui sont nécessaires à sa mise en oeuvre.
Source: daily-bourse