Le Hadj, l'une des manifestations de dévotion religieuse les plus massives du monde, à laquelle tout bon musulman doit sacrifier au moins une fois dans sa vie, a été marqué dans le passé récent par des affrontements, bousculades et autres incidents meurtriers.
Le prince Nayef ibn Abdelaziz, ministre saoudien de l'Intérieur, dont le pays est aussi la cible depuis six ans d'attentats d'Al Qaïda, a annoncé dimanche que 100.000 hommes seraient sur le pied de guerre pour assurer la sécurité des lieux saints durant le pèlerinage.
Au problème récurrent de la sécurité s'ajoute cette année l'épidémie de grippe A et la crainte de la propagation de son virus très contagieux et potentiellement mortel H1N1 parmi les foules rassemblées aux mêmes moments sur les mêmes sanctuaires.
Au moins quatre pèlerins ont succombé à ce virus depuis le début de la "saison" du Hadj, dont les participants pourraient être des vecteurs de choix et provoquer de nouvelles vagues de contamination à leur retour dans leurs quelque 160 pays d'origine.
Pour tenter d'endiguer un tel phénomène, le royaume wahhabite, berceau de l'islam, a invité les pèlerins de moins de 12 ans et de plus de 65 ans à ne pas faire le déplacement de La Mecque cette année, de même que d'autres catégories à risques comme les femmes enceintes ou les personnes souffrant de maladies chroniques.
Plusieurs autres pays ont imposé des restrictions à leurs pèlerins pour les mêmes raisons sanitaires. La Tunisie a carrément interdit à ses ressortissants de se rendre à La Mecque.
Les autorités de Ryad ont déployé des dispositifs de détection des infections aux points d'entrée du pays et installé une clinique de 300 lits dans le port de Djeddah, sur la mer Rouge, par où arrivent la plupart des pèlerins.
L'apogée du pèlerinage interviendra jeudi lorsque les fidèles se rassembleront en masse sur le mont Arafat, proche de La Mecque, avant de se livrer les trois jours suivants à la lapidation de colonnes censée exorciser le diable.
Pour fluidifier le passage de la foule, les autorités saoudiennes ont aménagé le site de ce dernier rituel, lors duquel 362 personnes avaient été piétinées à mort en 2006 à la suite d'un mouvement de foule.
Source: lexpress