Sous la surveillance de plus de 100 000 policiers et 20 000 membres des services médicaux, le plus grand pèlerinage annuel au monde vivra son temps fort jeudi avec le rassemblement des fidèles venus à pied ou en bus sur le mont d'Arafat à 20 km de La Mecque. La veille, les musulmans vont tourner autour de la Kaaba, la pierre sacrée de la Grande Mosquée de La Mecque, et tenter d'embrasser le rideau qui la recouvre. Parmi les 2,5 millions de musulmans attendus, quelque 35 000 viendront de France.
Si la crainte de la grippe A avait réduit le nombre de fidèles lors du petit pèlerinage, appelé Omra, pendant le ramadan, en août et septembre, pour le Hajj, la menace de grippe A n'a pas découragé le pélerin. L'Arabie saoudite a néanmoins pris ses dispositions avec une campagne de vaccination et l'utilisation de caméras thermiques pour repérer les personnes souffrant d'une fièvre excessive. Les personnes atteintes de maladies chroniques, les plus de 65 ans, les femmes enceintes et les enfants ont été invités à rester chez eux. Mais, malgré les efforts fournis pour réduire les risques, les vingt premiers cas de contamination et les quatre premiers décès de pèlerins liés à la grippe A ont été annoncés samedi. Tous quatre étaient fragilisés par des pathologies associées.
Côté sécurité, les dirigeants saoudiens ont mis en garde contre toute manifestation politique pendant le pèlerinage, comme celle des pèlerins iraniens en 1987 qui avait donné lieu à des heurts ayant fait plus de 400 morts. En effet, les autorités redoutent que les 65 000 pèlerins iraniens n'organisent leur traditionnelle manifestation antiaméricaine vendredi.
Le général Mansour Turki, responsable de la sécurité, a prévenu : «Nous n'autoriserons aucune action de nature à troubler les pèlerins ou présenter un risque pour leur sécurité». Il n'a pas exclu une menace d'Al-Qaïda après l'attentat manqué revendiqué par cette organisation contre le chef de la lutte antiterroriste, le prince Mohammed ben Nayef, dans son palais de Jeddah en août. Ce pèlerinage se tient 30 ans après que des extrémistes musulmans se soient barricadés dans la grande mosquée de La Mecque. Il avait alors fallu deux semaines aux forces de l'ordre pour les déloger. Mais, le plus grand risque demeure les mouvements de panique, comme celui qui avait coûté la vie en 2006 à 364 personnes.
Source: leprogres