L’imam de la mosquée omariene, Thierno Seydou Nourou Mountaga, est longuement revenu sur la nécessité, pour les Musulmans, de s’appliquer la loi islamique, la charia. Fondant son argumentaire sur les limites des textes humains, l’imam, très en verve, voit en la loi islamique le seul moyen de sortir de la « situation actuelle ».
Rappelant un sondage qui plaçait le prophète de l’Islam (SAWA) comme la personnalité la plus influente parmi une centaine d’autres, Thierno Seydou Nourou Mountaga s’est demandé alors pourquoi ceux-là qui croient en lui n’ont pas adopté dans leur vécu quotidien sa Constitution. Aussi, prétextant du parachèvement de la religion musulmane en ce jour de Tabaski, l’imam a invité les fidèles à largement méditer et à s’appliquer ses principes.
« L’Islam, seule religion reconnue par le Seigneur, est complet et n’a omis aucun domaine de notre vie. De l’économie à la politique en passant par les sciences juridiques, la religion couvre tous les domaines de notre vie et si nous nous voulons des croyants, soumis à la volonté d’Allah, nous nous devons d’appliquer ce qu’il édicte et qui est mieux pour nous », a invité l’imam.
La pertinence de l’application de la charia pourrait se révéler, d’après lui, par une meilleure régulation de la vie communautaire. Il a même convoqué la loi du talion, reconnue par l’Islam, pour « faire face aux agressions et autres vols qui donnent le tournis aux populations ». Thierno Seydou Mountaga a fustigé également le mode de gouvernance basé sur une imitation du modèle occidental et appelé démocratie. Remettant en question la représentativité des députés par rapport à l’ensemble de la population nationale, il a aussi souligné que ceux-ci ne retournent quasiment pas voir leurs mandants quand il s’agit de voter des lois.
La religion toute faite de l’iman ne pouvait qu’aboutir à la même sentence : retourner aux préceptes de l’Islam. Le guide religieux s’est également largement appesanti sur la concertation et le dialogue. Dans un discours pas toujours accessible et comme ne voulant pas aller en profondeur, Thierno Seydou Nourou Mountaga a placé la concertation, dans la dynamique islamique, entre la « prière et l’aumône ».
Pour lui, cette concertation est plus qu’une nécessité, surtout pour les leaders. Pas très net dans l’invite, il a, à mots à peine voilés, demandé à la classe politique de s’engager dans un « dialogue sincère, pour la paix des cœurs, mais surtout que chacun œuvre pour l’intérêt général ». Pour lui, en cas de concertation, tous les acteurs sont de potentiels dirigeants qui ne doivent être mus que par le collectif et oublier leurs egos. Revenant sur le sens de la fête, le guide a rappelé que Dieu a pardonné aux croyants leurs pêchés le jour de la station d’Arafat, soit la veille. Le bonheur d’avoir été purifié, pardonné se doit de se manifester par un jour de réjouissances et qu’il est heureux de célébrer en perpétuant le sacrifice du prophète Ibrahima. Le prophète Mouhamed (SAWA) a d’ailleurs exhorté à la célébration de cette journée en versant le sang du mouton, plus grand bienfait. Une « place est prévue par le Seigneur pour accueillir le sang du mouton avant que celui-ci ne touche le sol ».
La Tabaski est aussi un jour de pardon et de réconciliation entre coreligionnaires. Allah peut, a répété l’imam, pardonner tous les pêchés sauf ce qu’on a vis-à-vis de son prochain. Il a aussi indiqué à ce sujet que le croyant qui fait le premier pas pour se réconcilier avec son frère aura plus de bienfaits par la grandeur de l’acte qu’il a posé. Les croyants doivent également continuer à louer la grandeur de Dieu (par des « takbir » ou Allahou Akbar ») les quatre jours qui suivent la Tabaski.
Source: lesoleil