"Depuis dimanche, les sondages se multiplient sur Internet, en France et dans les autres pays. Même si l'instrument est imparfait, l'approbation du vote suisse y est majoritaire. Et parmi les minoritaires qui désapprouvent le vote suisse", il en est qui font savoir qu'ils "ne sont pas, pour autant, favorables à la construction de minarets", note M. Bernheim.
Le grand rabbin de France en tire cette conclusion "aujourd'hui, il nous faut agir afin que les Européens - et pas seulement les Suisses - changent d'opinion sur l'islam. Cette obligation vaut pour les responsables de toutes les religions", dit-il, jugeant qu'"elle nécessite dialogue et ouverture".
"Une partie de l'action est à mener ici en Europe. Une autre partie est du ressort des pays musulmans", ajoute-t-il toutefois car "il serait illusoire d'espérer ici des résultats massifs sans changement visible là-bas".
Alors que "certains condamnent les résultats du vote et la majorité des Suisses qui auraient mal voté", le rabbin Bernheim "pense, au contraire que l'opinion des Suisses doit être entendue" même s'il se dit "en désaccord avec elle".
M. Bernheim est en effet "contre l'interdiction de construire des minarets, qui a été votée en Suisse", soulignant: "toute décision qui aboutit à donner moins de droits aux fidèles d'une religion qu'aux fidèles d'une autre religion est une décision injuste".
A cet égard il dit s'inscrire dans le "cadre" de "la République, de la laïcité et de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui prévoit, dans le même article, "la liberté de pensée, de conscience et de religion".
Source: AFP