Le Caire , la "ville aux mille minarets", consternée par la décision suisse

12:36 - December 06, 2009
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Le Caire(IQNA)- Les musulmans du Caire, surnommée "la ville aux mille minarets", se disent consternés par le vote des Suisses interdisant ce symbole de l'islam, une décision jugée intolérante même si peu prônent des sanctions comme le boycottage des produits helvétiques.
A la prestigieuse mosquée Al-Azhar, plus haute autorité de l'islam sunnite, dans le vieux quartier islamique, l'incompréhension régnait mercredi après l'interdiction de construire des minarets adoptée dimanche par référendum par 57,5% des Suisses. Cheikh Mohamed Abdel Aziz, secrétaire général du conseil des fatwa, chargé de la rédaction des édits religieux de la mosquée, dénonce une atteinte à la liberté de religion.
"Les pays européens sont censés être démocratiques et libres. S'il y a la liberté, pourquoi interdire la construction de minarets? Vont-ils aussi interdire les clochers d'église?" demande-t-il.
"En quoi ce symbole très ancien de l'islam, un simple monument du haut duquel le muezzin doit atteindre le plus de monde possible pour demander de prier, est-il gênant?" s'interroge-t-il encore.
Le Caire abrite plus de 4.800 mosquées contrôlées par le gouvernement et environ 2.500 mosquées indépendantes, flanquées de minarets d'époques et de formes diverses -trapus, ciselés, baroques ou élancés à la façon d'un crayon.
Symboles de l'islam, ils ne sont toutefois pas indispensables pour le culte, reconnaissent les imams. "S'il est permis aux non-musulmans de construire des clochers et aux nonnes d'être voilées, il doit être permis aux musulmans d'établir des lieux de culte et aux musulmanes de cacher leur cheveux", renchérit cheikh Mohamed Saleh Chedid, imam à Al-Azar, en référence à l'autre débat qui traverse des pays européens comme la France sur le port du voile islamique.
Mais à la différence de la vague de protestations et des appels au boycottage qui avaient déferlé sur l'Egypte après la publication au Danemark fin 2005 de caricatures du prophète Mahomet(SAWA), les réactions sont pour l'instant modérées.
Le grand mufti d'Egypte, Ali Gomaa, chargé d'interpréter la loi islamique, a critiqué le résultat du référendum mais aussi appelé au "dialogue" avec les autorités helvétiques. Dans un pays où les chrétiens coptes désireux de construire de nouvelles églises rencontrent de fortes résistances, les réactions officielles sont rares.
Source: lakoom-info
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