Le marché de la finance islamique pèse environ 800 milliards de dollars à l'heure qu'il est. Bien que basée sur les principes de la loi islamique, elle n’est pas qu’une affaire de musulmans. D’ailleurs pour faire de Paris la deuxième place européenne de la finance islamique après la City, Bercy s’est battu pour supprimer l’impôt de bourse, créér un nouveau compartiment dédié aux Sukuk au sein d’Euronext, et simplifier les règles du jeu.
Pour Carlos Ghosn, « tout cela plaide pour que Paris se développe comme un nouvel acteur du financement islamique, avec la mise en place d’instruments financiers facilement utilisables par les directions financières et juridiques des entreprises basées en Europe.»
En Afrique, le taux de pénétration de la finance islamique est assez faible au vu de ses 412 millions de musulmans. Une quarantaine de banques à peine gérait près de 20 milliards $ à la fin du premier semestre 2009. Loin devant le Maroc, la Tunisie et la Libye, le Soudan fait figure de leader avec plus de 20 banques dans le nord du pays et 10 milliards d’actifs régis par les principes du Coran. L’Afrique subsaharienne qui a toujours été très active au sein de la Banque islamique de développement se dépêche lentement.
A l’attention de ceux qui voient dans les déboires actuels de l’émirat de Dubaï la preuve que la finance islamique n’est pas infaillible, Gilles Saint Marc, avocat chez Gide Loyrette Nouel, déclarait récemment que « la crise actuelle de Dubaï n'est pas la crise de la finance islamique (mais) l'explosion d'une bulle spéculative née d'un sur-endettement de l'émirat et d'un sur-dimensionnement des infrastructures, dans une conjoncture mondiale déprimée. » Malgré ces assurances, l’inquiétude demeure chez quelques analystes.
Les experts qui situent les débuts de la finance islamique dans la décennie 70-80 manquent curieusement de disserter sur la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), celle par qui arriva l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire. Fondée au Pakistan par l’homme d’affaires Haghan Hasan Abedi, la BCCI est apparue dès 1972 comme « la première banque islamique internationale ». Au moment où elle fermait ses portes en 1991, le groupe BCCI disposait de 400 filiales dans près de 75 pays dans le monde.
Dès sa création, la BCCI réussit le tour de force d’attirer dans son capital plusieurs princes arabes dont l’émir d’Abu Dhabi et de hauts dignitaires tels que l’ancien chef des services secrets saoudiens, Kamal Adham. A côté des fonds arabes qui se révèleront, plus tard, être des prêts déguisés, Bank of America achète 25% des parts pour accroitre sa présence au Moyen- Orient alors que la BCCI n’est adossée à aucune banque centrale susceptible de couvrir ses éventuelles défaillances.
Source: bonaberi