Ahmed Mohamed Ali: L’Afrique, une zone stratégique pour la BID

12:06 - March 12, 2010
Code de l'info: 1897006
Afrique(IQNA)- Président de la BID, Ahmed Mohamed Ali a accordé un entretien axé sur les relations entre l’institution islamique et l’Afrique.
Au-delà de sa qualité d’actionnaire de référence de quatre banques islamiques (Sénégal, Gambie, Guinée Conakry, Niger) dans la partie ouest du continent, la BID est aussi et surtout un partenaire financier des Etats, des institutions publiques et, depuis peu, du secteur privé.
Les Afriques : A la suite de la crise financière internationale, beaucoup de banques régionales et de banques de développement ont augmenté leur capital. Qu’en est-il de la Banque islamique de développement ?
Ahmed Mohamed Ali : En fait, le capital de la BID a été augmenté juste avant la crise. La décision de procéder à une augmentation substantielle avait été prise en décembre 2005, lors du sommet de l’OCI tenu à La Mecque. L’augmentation effective a eu lieu en 2007, juste avant la crise. Le capital déclaré est ainsi passé de 15 milliards de dinars islamiques (1 dinar islamique = 1 DTS du FMI) à 30 milliards de dinars islamiques. Le capital souscrit est, lui, passé de 8,2 à 15 milliards de dinars.
-Quels sont vos objectifs pour l’Afrique dans le moyen terme ?
-Nos membres africains ont toujours été actifs au sein de la BID. C’est le cas notamment du Niger ou de la Guinée, présents dans le capital de la banque depuis ses premiers pas, en 1975. En ce qui concerne le cadre de notre intervention dans cette région, il s’inscrivait, dans un passé récent, dans la déclaration de Ouagadougou, qui avait cours entre 2005 et 2009.
« Les interventions en faveur du secteur privé prennent de plus en plus d’importance dans le bilan de la banque, qui a, au cours des dernières années, financé de nombreux projets de type BOT dans plusieurs pays. »
Ce volet couvrait un programme de financement de 3 milliards de dollars. Nous avons présentement lancé une nouvelle initiative sous le nom de Programme spécial pour le développement de l’Afrique, auquel nous consacrons 5 milliards de dollars. En tout, et en tenant compte des concours de nos partenaires, ce programme s’élève à 14 milliards de dollars.
-Est-ce que les financements islamiques que vous octroyez aux Etats et aux institutions coûtent moins chers que les prêts concessionnels de certains intervenants, comme le FMI et la Banque mondiale par exemple ?
-Nos prêts sont extrêmement concessionnels et ne font supporter aux projets qu’ils financent que des charges administratives très réduites, pendant la seule période de leur exécution. Concernant les autres modes de financement (tels que le leasing par exemple), il faut dire que nous nous refinançons à des conditions légèrement plus élevées que celles de la plupart des autres institutions, car nous n’avons pas été, jusqu’à un passé récent, un intervenant régulier sur le marché. Ceci étant, il est important de noter que nous ne sommes pas une banque commerciale, mais une banque de développement, partenaire des pays membres de l’Organisation de la conférence islamique.
-Comment le marché perçoit-il la signature de la Banque islamique de développement ?
-Notre papier est très apprécié. Récemment, nous avons émis un emprunt de 750 millions de dollars. La demande a dépassé 2 milliards de dollars. Cela montre le degré de confiance dont nous jouissons. D’autre part, nous sommes notés triple A par les trois grandes agences de notation internationale.
-Vous êtes plutôt référencé comme une banque qui accorde du crédit aux entités publiques. Quid des financements du secteur privé ?
-Les interventions en faveur du secteur privé prennent de plus en plus d’importance dans le bilan de la banque, qui a, au cours des dernières années, financé de nombreux projets de type BOT dans plusieurs pays. En outre, la banque a pris une importante décision pour le secteur privé, à travers la création, il y a une dizaine d’années, de la SID (Société islamique pour le développement du secteur privé) qui finance des projets promus par des opérateurs du secteur privé à travers plusieurs instruments islamiques (moucharaka, mourabaha, leasing, etc.).
Source: lesafriques
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