Réhabilitation de la mosquée de Pire qui ploie sous le poids de 400 ans d’existence

12:37 - April 13, 2010
Code de l'info: 1906282
Sénégal(IQNA)- Créée en 1611, la mosquée de Pire est aussi considérée comme l’une des plus anciennes de l’Afrique de l’Ouest.
Ce haut lieu de culte, témoin de l’islamisation du peuple sénégalais, ploie sous le poids de ses quatre cents ans d’existence. Aussi avec ses problèmes d’étanchéité et les fissures qui ont atteint les piliers qui la soutiennent, cette mosquée représente un danger potentiel pour tous les fidèles qui la fréquentent.
Pire, chef-lieu de la communauté rurale du même nom, dans le département Tivaouane, est l’une, sinon la plus ancienne cité religieuse du Sénégal. Sa légendaire université islamique créée en 1603 témoigne éloquemment de la tradition religieuse de cette ville où de grands érudits de l’Islam et résistants sénégalais, comme El Hadj Omar Tall, Thierno Mamadou Baal, Maba Diakhou Bâ et Mame Maram Mbacké, Khaly Amar Fall, entre autres, ont fait leurs humanités. Aussi abrite-t-elle la première mosquée du Sénégal.
Laquelle mosquée, créée en 1611, est aussi considérée comme l’une des plus anciennes de l’Afrique de l’Ouest.
Seulement, ce haut lieu de culte, témoin de l’islamisation du peuple sénégalais, ploie aujourd’hui sous le poids de ses quatre cents ans d’existence. Quatre siècles au cours desquels il n’a connu qu’un seul coup de jouvence avec les travaux de réhabilitation, entrepris en 1978 par feu Djily Mbaye.
Aussi, outre les problèmes d’étanchéité de sa toiture qui pose un réel problème de fréquentation pendant la saison des pluies, les fissures au niveau des murs et des piliers qui la soutiennent, la mosquée de Pire représente un danger potentiel pour tous les fidèles qui la fréquentent.
Lesquels risques ont fini, il y a un an, par retenir l’attention des populations et particulièrement des jeunes qui, en parfaite intelligence avec le comité des anciens qui avaient en charge la gestion des lieux, se sont constitués en collectif pour engager la réhabilitation. La décision prise alors avait été de sensibiliser les populations afin de les amener à les accompagner dans cette mission.
C’est ainsi que le collectif conduit par El Hadji Fallou Mboup réussira à collecter, grâce à la participation exclusive des fils pirois résidents, une enveloppe de 15 millions de francs Cfa. Une somme qui, bien qu’importante, ne représente qu’à peu près le tiers du budget prévisionnel qui a été arrêté à la somme de 54 millions de francs Cfa.
Ce premier financement a d’ailleurs permis au collectif, qui s’est adjoint l’expertise des Pirois dans les différents domaines de compétence requise en la matière, de régler la question de l’étanchéité, du mur de clôture et de la reprise des principaux piliers qui soutiennent l’édifice.
Aussi la rencontre d’hier, qui a eu pour théâtre l’esplanade de la mosquée et qui a vu la présence de tous les dignitaires religieux de la cité religieuse ainsi que des populations, s’est voulue un moment de bilan d’étape pour permettre au collectif de rendre compte de la destination des fonds collectés et de faire le point sur l’état d’avancement des travaux.
Elle aura été l’occasion pour l’équipe conduite par El Hadji Fallou Mboup d’engager la seconde phase du programme de réhabilitation.
Une seconde phase qui, selon Mamadou Mamoune Diop, porte-parole du collectif, consiste à l’élargissement du message pour atteindre les Pirois de l’extérieur et de la diaspora, afin de les amener à participer au bouclage du budget prévisionnel. Elle est aussi l’occasion, poursuit-il, de lancer un appel aux pouvoirs étatiques ainsi qu’à toutes les bonnes volontés afin que l’échéance de 2011 retenue pour la finition des travaux puisse être respectée et que la mosquée retrouve sa splendeur d’antan.
En effet, c’est en 2011 que cette mosquée va souffler sur les 400 bougies de son existence. Une autre volonté du collectif est de faire en sorte que cette mosquée, symbole de l’islam ouest africain, soit classée patrimoine national, voire patrimoine historique de l’Unesco.
Source: walf
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