Depuis l’automne dernier, entre 20 et 50 musulmans de Lanaudière se réunissent sur une base régulière dans une salle de la rue Richard, au centre-ville de Joliette. Ils y prient majoritairement, mais des enseignements coraniques sont aussi dispensés aux enfants les fins de semaine.
Peu de temps après l’établissement du lieu de prière, des résidants ont porté plainte à la ville, déplorant le va-et-vient incessant causé par la fréquentation de l’endroit. Un inspecteur municipal a alors informé les musulmans qu’ils devaient modifier le zonage de leur local pour en faire un lieu de culte.
«Nous avons fait une demande de changement de zonage, mais la ville nous l’a refusée, explique Anas Harraq, président de l’Association culturelle des musulmans de Lanaudière (ACML). Évidemment, ça a mis nos gens en colère, parce qu’ils ont l’impression d’être chassés. Depuis, nous continuons de chercher un endroit.»
En janvier dernier, la ville de Joliette a demandé aux musulmans de louer une salle de prière dans un secteur réservé à cet effet dans la municipalité. Des mormons et des bouddhistes se sont déjà installés dans cette zone délimitée du centre-ville.
«C’est un secteur où il y a beaucoup de stationnements publics, donc c’est plus approprié pour les activités qui génèrent de l’achalandage, affirme Renald Gravel, directeur général de Joliette. Ça semble faire l’affaire des autres églises, mais pas celle des musulmans.»
Une extension de quatre mois a été accordée par la localité aux musulmans. Ceux-ci ont tenté, en vain, de dénicher un local de prière. Le 29 mars dernier, la Ville leur a acheminé une lettre leur indiquant qu’ils seraient passibles d’une amende de 2000$ s’ils n’avaient pas quitté leur établissement de la rue Richard d’ici la fin de mai.
«La zone permise dans le centre-ville est beaucoup trop petite et on ne peut pas se permettre de débourser 3000$ par mois pour louer une salle», dit Anas Harraq. Ce dernier enverra sous peu une lettre à la Ville dans laquelle il suggère d’autres sites qui pourraient accueillir le local de prière. «Si on me dit non pour tous les endroits, je vais commencer à me poser des questions», ajoute M. Harraq.
La direction de Joliette se dit ouverte à d’autres propositions, mais elle soutient que le règlement de zonage est le même pour tous. «On traite tous nos citoyens de la même façon et ce n’est pas parce que ce sont des musulmans que nous allons nous sentir vulnérables», dit Renald Gravel.
L’aménagement d’un lieu de rencontre et de recueillement est vital pour l’ACML, soutient son président. Si aucun endroit n’est disponible, des membres de la communauté pensent à déménager. «Plusieurs musulmans m’ont dit: une chance qu’on a un local, sinon j’aurais quitté la ville. Certains vont commencer à se chercher un emploi ailleurs s’ils n’ont pas le choix», conclut Anas Harraq.
Source: ruefrontenac