La BID investit 214 milliards Fcfa au Cameroun
Cameroun(IQNA)- Le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Louis Paul Motaze révèle pour s’en réjouir que, dès sa création en 1975, la Banque Islamique de développement a accordé son tout premier financement au Cameroun.
Ce prêt avait alors permis de construire le barrage hydroélectrique de Songloulou. Depuis lors, plusieurs projets ont été réalisés au Cameroun dans divers secteurs avec le concours de cette structure. On peut citer, entre autres, la défunte CELLUCAM, l’hydraulique villageoise à travers 400 forages, la route Douala-Yaoundé, l’équipement de l’hôpital de Kousseri et la construction de deux écoles dans la même localité, l’adduction d’eau à Mokolo-Mora etc. Globalement, ces projets ont coûté environ 100 milliards de francs Cfa, selon Adoum Gagoum, ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Relations avec le monde islamique.
Louis Paul Motaze qui présidait l’ouverture du 2e forum ministériel sous-régional de la BID , en lieu et place du Premier ministre empêché, a rappelé que, lors du 3ème sommet extraordinaire de l’Organisation de la conférence islamique, tenu en décembre 2005 à la Mecque, en Arabie Saoudite, un programme d’action décennal avait été mis sur pied.
Pour faire face aux défis auxquels sont confrontés les 27 pays africains (dont 22 au sud du Sahara) membres de l’OCI, un programme spécial pour le développement de l’Afrique, PSDA, a été créé pour relever ces défis qui, pour Louis Paul Motaze, se déclinent en précarité, poids de la dette, manque de capitaux et difficultés rencontrées dans l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement, OMD.
C’est dans le cadre de ce PSDA que la BID a conclu le financement de 11 nouveaux projets au Cameroun pour un montant total de 114 milliards de Cfa. Parmi ces projets, pour la plupart en cours d’exécution, on note les routes Ayos-Bonis, Foumban Tibati et Sangmélima-Ouesso ; l’électrification rurale de 33 localités; le chantier naval de Limbé, le développement rural des monts Mbappit dans le Noun, le projet pilote d’amélioration de la qualité de l’éducation de base, le projet de développement de l’enseignement technique.
A ce jour, tous ces investissements en cours, associés aux projets déjà réalisés, portent à 214 milliards de francs, le portefeuille des réalisations du BID au Cameroun.
Les assises de Yaoundé sont consacrées à la mise en œuvre du Psda que Ahmad Mohamed Ali, président de la BID évalue à 12 milliards de dollars américains, soit un pactole avoisinant les 5400 milliards de francs Cfa.
Il déclare que le nouveau mécanisme de financement de cette banque jusqu’ici orientée exclusivement vers des projets du secteur public, prend déjà en compte le secteur privé. Ainsi, les opérateurs économiques peuvent désormais y emprunter de l’argent.
Le programme spécial pour le développement de l’Afrique prévoit en effet une implication de la BID dans des initiatives transversales qui intéressent les pays africains.
Dans son plan stratégique, cette institution financière entend dorénavant apporter son soutien au secteur privé en général et aux PME en particulier; encourager le partenariat public-privé; promouvoir les institutions de micro-finance; stimuler le commerce intra-OCI et développer l’industrie bancaire islamique.
Au regard de ces opportunités, les participants, constitués pour la plupart des ministres en charge des questions économiques et financières (issus d’une quinzaine de pays d’Afrique centrale et de l’Est), les opérateurs économiques, les partenaires au développement et les représentants des organisations internationales sont très attentifs aux conclusions qui sortiront, ce 9 juin 2010, de ce 2ème forum ministériel de l’OCI, deuxième plus grande organisation intergouvernementale après les Nations Unies, avec ses 57 Etats membres éparpillés dans 4 continents.
Au-delà des échanges, les participants à cette rencontre qui fait suite à celle organisée en octobre 2009 à Ouagadougou au Burkina Faso, ont identifié les projets sous-régionaux susceptibles d’être retenus par le PSDA, et les moyens de les rendre bancables. De même qu’ils ont évalué la dette des pays africains membres de l’Oci vis-à-vis des pays islamiques, et formulé des stratégies communes de son effacement.
Le programme triennal d’intervention de la BID au Cameroun pour la période 2007-2009 comporte 15 opérations de financement identifiées par la mission de cette banque qui a séjourné dans ce pays pour la dernière fois, notamment à Yaoundé, du 27 janvier au 7 février 2007.
Source: lemessager