L'ISESCO a participé à un colloque international sur la Palestine à Bruxelles

10:56 - June 25, 2010
Code de l'info: 1945876
Bruxelles(IQNA)- L'Organisation islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) a participé à un colloque international sous le thème: « Palestine Y-a-t-il encore un « processus de paix » après 18 années? La société civile peut avoir un rôle important à jouer », tenu par le Forum de Crans Montana qui a entamé sa 21ème réunion annuelle à Bruxelles.
Le colloque a été présidé par M. Marc Otte, envoyé spécial de l'Union européenne pour le processus de paix au Proche-Orient et modéré par M. Daniel Warner, Directeur du Centre pour la gouvernance internationale dont le siège se trouve à Genève.
L’ISESCO a été représentée à ce colloque par le Directeur général, Dr Abdulaziz Othman Altwaijri. Ont participé au colloque le Prince Turki Al Fayçal, Président du Conseil d’Administration du Centre Roi Fayçal pour les recherches et les études islamiques, M. Mohamed El Yazghi, Ministre d’Etat marocain, M. Jesse Jackson, M. Heinrich Benedikt et M. Régis Debray.
Dans une communication prononcée au colloque, Dr Abdulaziz Othman Altwaijri a déclaré : « Tout conflit entre communautés humaines a nécessairement une fin. De même, toute crise, qu’elle soit régionale ou internationale, a une solution.
Car la règle générale veut que les guerres et les crises soient des situations ponctuelles et transitoires, et que l’on finit toujours par leur trouver un compromis accepté par les parties concernées, abstraction faite de la nature de ce compromis et de son équité aux yeux de la justice humaine ».
Et d’ajouter : «l’histoire nous a appris qu’il n’existe pas de guerre interminable et les conflits finissent toujours par être résolus de manière à satisfaire sinon totalement du moins partiellement les parties belligérantes».
Le Directeur général a, en outre, souligné que dans toute situation de conflit, qu’il soit armé ou non, les bonnes volontés se mobilisent pour mettre fin à la crise et rétablir la paix et la sécurité sur une base juste et équitable.
« C’est dans ce contexte que l’on peut situer la création, en 1945, de l’Organisation des Nations Unies en remplacement de la Société des Nations, celle-ci ayant échoué à empêcher l’éclatement de la 2ème guerre mondiale pour beaucoup de raisons, entre autres les insuffisances de sa charte et les arrangements et mesures qu’elle a établis au lendemain de la 1ère guerre mondiale » a-t-il ajouté.
C’est pourquoi, a-t-il précisé, les Etats fondateurs de l’ONU, voulant éviter les erreurs du passé, ont eu le souci d’intégrer dans la charte de la nouvelle organisation des principes, des règles, des dispositions et des mécanismes adaptés à la nouvelle phase et conçus pour répondre aux aspirations de la communauté internationale pour un avenir sûr et meilleur.
« Le règlement des conflits, non pas par la violence et la force, mais par la voie pacifique à travers les négociations, fait partie de ces nouveaux principes » a-t-il ajouté, indiquant, par ailleurs, que « toutefois, force est de constater que ce principe n’a pas été respecté. En effet, plusieurs guerres régionales ont éclaté après la création des Nations Unies, et des conflits meurtriers se sont déclenchés, dont certains durent toujours.
La raison en est la violation des principes de la Charte des Nations Unies et des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies par un Etat qui bafoue la légalité internationale et par des Etats qui adoptent la politique du double standard et ne respectent la législation internationale que dans la mesure où elle sert et préserve leurs intérêts ».
Dans la même veine, le Directeur général a déclaré : « depuis sa création en 1948, et jusqu’à ce jour, Israël est l’exemple le plus éloquent de la violation des principes et des dispositions du droit international, en raison de ses agressions continues contre le peuple palestinien, à commencer par les massacres de Deir Yassine et Kafr Qasim, jusqu’à celui de Gaza et l’attaque contre la flottille de la liberté, en passant par les massacres de Jénine et de Qana.
Avec une histoire aussi lourde en violations du droit international, en crimes contre l’humanité, Israël qui ne cesse de défier la communauté internationale est, sans nul doute, le seul Etat au monde qui porte pertinemment le qualificatif d’« Etat voyou ».
Et d’ajouter : « le choix de la direction palestinienne de parvenir à une paix avec Israël dans le cadre d’arrangements devant permettre au peuple palestinien de recouvrer ses droits nationaux et établir son Etat indépendant a été soutenu par la Ligue des Etats arabes, l’OCI et d’autres instances internationales, à leur tête les Nations Unies ».
Le Directeur général a, en outre, indiqué que malgré tous leurs inconvénients et malgré le fait qu’ils ne répondent pas complètement aux revendications du peuple palestinien, les accords d’Oslo, conclus entre l’OLP et Israël, constituent une initiative pacifique initiée par le représentant légitime de ce peuple dépourvu de ses droits.
« Mais en dépit de l’intransigeance israélienne, les Palestiniens, et avec eux tous les Arabes et les Musulmans, ainsi que tous les peuples épris de paix et de liberté dans le monde, appellent toujours de leurs vœux une paix juste et durable. C’est dans ce cadre que s’inscrit le Plan de paix arabe, proposé d’abord par le Royaume d’Arabie Saoudite puis adopté par le Sommet arabe de 2002 » a-t-il précisé.
Dans le même contexte, le Directeur général a déclaré : « Fondée sur le principe de « la terre contre la paix », cette initiative arabe vise à permettre l’établissement d’un Etat palestinien et à trouver une solution juste au problème des réfugiés. Elle traduit la vision arabe de la paix au Moyen-Orient et propose, pour cela, des conditions incontournables pour rétablir la paix dans la région ».
Il a, par ailleurs, souligné que « la politique agressive pratiquée par le gouvernement israélien depuis plus de six décennies constitue une entrave aux efforts internationaux pour le règlement de la question palestinienne et la mise en application des résolutions internationales qui devraient permettre aux palestiniens de recouvrer leurs droits.
Ainsi, Israël est le seul et unique responsable de l’échec du processus de paix et de la non application des Accords d’Oslo qui sont restés lettre morte ».
Le Directeur général a, en outre déclaré : « le crime terroriste commis dernièrement par Israël dans les eaux internationales de Méditerranée, illustré par l’attaque criminelle lancée contre « la flottille de la liberté » qui a causé la mort de nombreux activistes civils et blessé des dizaines d’autres, constitue une forme de déni du droit international ». Par cet acte criminel, a-t-il précisé, Israël lève le voile sur une vérité qu’il s’est longtemps obstiné à cacher, à savoir son opposition à la paix, à la légalité internationale et à toutes les tentatives visant à instaurer la paix dans la région.
Et d’ajouter : « la paix ne peut être établie sans la force du droit international et sans la volonté unanime des grandes puissances. Autrement, Israël continuera à camper sur ses positions, à violer le droit international et à tourner en dérision le monde entier ».
Par ailleurs, le Directeur général a affirmé : « Dix-huit années après la signature des Accords d’Oslo, le chemin vers la paix est encore long et parsemé d’embûches. Aussi est-il de l’intérêt du monde entier de mettre fin à l’occupation israélienne des territoires palestiniens et arabes, créer l’Etat palestinien avec Al-Qods-Est comme capitale et parvenir à un règlement juste de la question des réfugiés. A cet égard, les ONG, partout dans le monde, pourraient jouer un rôle déterminant en continuant à dénoncer l’obstination d’Israël, son opposition à l’initiative de paix et le blocus imposé au peuple palestinien. Ces ONG pourraient également faire pression sur les gouvernements du monde, et particulièrement sur les grandes puissances, pour les amener à mettre un terme à cette souffrance qui n’a que trop duré ».
Le Directeur général a indiqué au terme de sa communication qu’une paix juste et globale au Moyen-Orient constitue le fondement de la stabilité dans la région. C’est aussi la condition incontournable pour l’établissement de relations solides entre les pays du Monde islamique, qui constituent un bloc civilisationnel et économique extrêmement important, d’une part, et les pays occidentaux, qui ont d'importants intérêts à sauvegarder dans la région, d’autre part.
« Or, a-t-il indiqué, il est politiquement absurde et moralement inacceptable que les pays occidentaux continuent à apporter un soutien aveugle à Israël dans toutes ses positions et fermer les yeux sur tous ses crimes et toutes ses violations délibérées du droit international. Cette position porte d’abord préjudice aux intérêts de l'Occident et à son image dans le monde entier ».
Source: ISESCO
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