Le commentaire coranique est le fruit des discussions philosophiques des musulmans

12:09 - June 26, 2010
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Liban(IQNA)- L’orientalisme s’est constitué sur les préjugés qui existaient au Moyen âge sur l’islam et qui étaient très loin des réalités et inspirés par les idées des ennemis de l’islam.
Le célèbre orientaliste bulgare Ignace Goldziher, considère que le commentaire coranique est le résultat des discussions philosophiques.
Heidar Hobollah, chercheur coranique libanais, dans son ouvrage sur « l’orientalisme et le commentaire coranique », propose une étude des avis des orientalistes sur le commentaire coranique et particulièrement des travaux d’Ignace Goldziher, dans son livre « Les tendances du commentaire coranique»
« L’orientalisme s’est constitué sur les préjugés qui existaient au Moyen âge sur l’islam et qui étaient très loin des réalités et inspirés par les idées des ennemis de l’islam. Ces études historiques et religieuses, ont été entreprises pour l’expansion du christianisme en Asie et dans les pays islamiques. Les orientalistes ont aussi été mis au service des activités colonialistes de l’Occident. Ignace Goldziher est devenu célèbre grâce à son livre sur le commentaire coranique qu’il a rédigé à la fin de sa vie.
Ignace Goldziher était un chercheur spécialisé qui connaissait le persan, le turc et l’arabe, et avait beaucoup de renseignements sur l’héritage des juifs extrémistes et l’archéologie, et une bibliothèque qui comptait 4000 livres spécialisés. Son étude concerne le commentaire après la disparition du Prophète (AS) jusqu’à l’époque du renouveau islamique avec Seyed Djamal-o-din Asad Abadi et Mohamad Abdeh », a-t-il dit.
Heidar Hobollah qui est aussi rédacteur en chef du journal «Nossou Mouassir» ajoute : « Il faut tenir compte de deux principes, le premier est la nature de la relation d’Ignace Goldziher et des autres orientalistes de son époque, avec le Coran, car beaucoup d’orientalistes ne considèrent pas le Coran comme un livre sacré et s’éloignent ainsi des croyances des musulmans.
« Les positions superficielles de Goldziher viennent du fait qu’il considère le Coran comme une œuvre humaine, dans ses livres «Etudes mohammadiennes », « la Philosophie et la Charia » et « Les méthodes de commentaire chez les musulmans », il présente la Tradition prophétique comme le résultat de l’évolution de la religion et de la société au début de l’islam, non comme le recueil des paroles du Prophète (AS), comme beaucoup d’autres personnes de même milieu intellectuel.
Les conclusions de son livre sont des hypothèses de l’auteur totalement en contradiction avec les idées des musulmans. Ses études vont du commentaire à partir des Riwayats, au commentaire philosophique des différentes écoles islamiques chiites, indiennes et égyptiennes, qu’il considère comme le résultat des discussions entre les philosophes musulmans. Dans son étude des commentaires coraniques qu’il considère comme exempts de méthodologie scientifique et superficiels, il introduit certains nouveaux concepts d’herméneutique. Pour lui, le commentaire au début de l’islam, dépend de la lecture des contemporains du Prophète (AS) qui a entraîné certaines contradictions dans l’interprétation comme le permet la langue arabe. Il propose comme exemple, le verset 6 de la sourate Ma’edé: یَا أَیُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَیْدِیَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَين qui a été récité de façon différente à cause des principes différents de jurisprudence. Selon lui les différentes lectures étaient des tentatives d’interprétations différentes non des exercices de lecture », explique Hobollah.
Dans une autre partie de son étude, Hobollah indique que Goldziher s’est concentré dans son livre « La philosophie et la Charia » sur le chiisme duodécimain et ismaélien, en s’inspirant du Tafsir-e-Ghomi du cheikh Abol Hassan Ali Ben Ebrahim Ghomi, et du Tafsir Al Safi de Mohamad Ben Morteza connu sous le nom de Mollah Hassan Feiz Kachani.
Comment se fait-il que ce chercheur qui s’est inspiré des revayats des chiites ait ignoré les commentaires Al Bayan et Tebyan ?
Le commentaire Ghomi est un commentaire qui, avant le sixième siècle, était considéré comme faisant partie d’un mouvement rejeté par de nombreux religieux chiites, pour ses exagérations et les doutes qui existent sur son auteur.
Il n’est pas mauvais d’utiliser des connaissances des sciences naturelles et des sciences humaines, si Goldziher a décidé de séparer le coran des découvertes scientifiques, c’est un choix personnel qu’il a fait car nous ne pouvons pas décider d’une opposition entre la religion et la science sur de simples conjectures », précise Hobollah.
Heidar Hobollah qui est l’élève de l’Ayatollah Seyed Mahmoud Hachemi Shahrudi et de l’Ayatollah Javadi Amoli, entre autres, est devenu membre de l’encyclopédie de jurisprudence islamique en 1998, et rédacteur en chef du journal «Al Minhadj» publié à Beyrouth, et des revues «Fiqh Ahloul Beyt», «Miqatoul Hadj» et «Asda'a». En 2004, il devient responsable du journal «Nossou Mouassir» spécialisé dans la traduction des recherches iraniennes sous la direction de l’Ayatollah Abdol Hadi Fazli, et en 2006, du journal «Al Idjtihad val Tadjdid» spécialisé dans les questions de jurisprudence et d’Ijtihad contemporaines, publiées à Beyrouth. Il est aussi le traducteur de livres sur les intellectuels religieux, du persan en arabe.
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