La nouvelle stratégie de la Turquie dans le monde arabe et islamique
Alger(IQNA)- Le Centre d’études stratégiques du quotidien Echaâb a organisé une conférence intitulée “ La nouvelle stratégie de la Turquie dans le monde arabe et islamique ”, animée par l’ambassadeur de la République de Turquie à Alger, M.Ahmet Necati Bigali.
Ont également participé à cette rencontre Mohamed Djemaâ, membre du parti MSP et Messaitfa Bachir, économiste et professeur d’université.
Dans son exposé, le diplomate turc a d’abord largement évoqué l’assaut sanglant et meurtrier perpétré contre la Flottille de la liberté par des commandos de l’armée israélienne dans les eaux internationales.
C’est un convoi humanitaire constitué de centaines de citoyens bénévoles originaires de 30 pays. Animé par un esprit pacifique, ce convoi se destinait à fournir aux habitants de Gaza soumise à un blocus impitoyable, des vivres, des médicaments et des jouets pour les enfants. C’est une agression sauvage qui a coûté la vie à neuf personnes, dont huit citoyens turcs.
L’acte est délibéré puisque les victimes ont été touchées pour la plupart d’entre elles à la tête. L’événement tragique s’est déroulé en haute mer, à 72 milles, dans les eaux internationales, où nul Etat n’a le droit d’intervenir.
L’agression d’un navire battant pavillon turc représente une atteinte contre la Turquie, selon l’orateur, suscitant une condamnation vive de la part de la communauté internationale. A l’instar de l’Algérie, la Turquie demande la levée du blocus, rappelle l’ambassadeur turc.
En conséquence à cette attaque contre de paisibles humanitaires, la Turquie a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour une réunion extraordinaire, lequel Conseil a demandé une enquête transparente et impartiale sur cette affaire.
Israël s’abrite derrière une prétendue enquête qu’elle diligente par ses propres soins, mais personne n’est dupe de ses investigations et de ses résultats. Elle ne sera jamais crédible aux yeux du diplomate. La Turquie exige une commission d’enquête formée d’experts internationaux qui feront toute la lumière.
Israël, évidemment, rejette ce procédé.
La Turquie mobilise tous les mécanismes du droit international pour juger un acte de terrorisme d’Etat. L’ambassadeur, M. Ahmet Necati Bigali, a formulé des remarques d’ordre juridique. Il déclare qu’Israël a bafoué le droit international, tué des civils et la Turquie fera valoir ses droits. Il considère qu’Israël est une menace contre la paix et la sécurité au Proche-Orient. Il se doit de se conformer à la légitimité internationale, aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, indiquant, dans le sillage de son intervention, que le problème palestinien ne relève pas du seul fait des pays arabes et musulmans mais de toute la communauté internationale.
Abordant le volet de la politique extérieure de la Turquie en direction du Monde arabe et musulman, le diplomate a indiqué que la République de Turquie s’est formée en 1923.
Mustapha Kemal Atäturk en est le premier président. Sa devise est “ la paix dans la patrie et dans le monde ”.
Le principe est respecté scrupuleusement et en permanence par son pays Il est impossible de nier nos racines orientales, mais on œuvre à faire partie de l’Union européenne. Nous partageons un passé riche avec le Monde arabe et musulman, a souligné le conférencier qui affirme que la Turquie veille à asseoir une authentique politique de paix, de bon voisinage avec tous les pays limitrophes, en particulier avec les contrées du Proche-Orient avec lesquelles elle développe des relations intenses.
La paix au Proche-Orient est tributaire de la question de la résolution du problème palestinien. La Turquie a offert sa médiation entre la Syrie et Israël, le Liban et Israël. Elle a organisé en juin 2010 à Istanbul, le forum turco-arabe. L’Algérie était présente. La Turquie travaille pour la paix, la coopération et la sécurité.
Dans leur intervention, les deux conférenciers, en l’occurrence M. Mohamed Djemaâ et M. Messaitfa Bachir, ont abondé dans le même ordre d’idée, axant leur argumentation sur la volonté turque à établir une coopération fondée sur des intérêts mutuellement bénéfiques.
Dans le débat qui s’en est suivi, l’ambassadeur de la République de Turquie a insisté sur les valeurs qui nourrissent et inspirent l’Etat, dont la laïcité qui, a-t-il fait remarqué, est respectée et acceptée par ses concitoyens. L’Etat est neutre à l’égard de toutes les croyances religieuses.
S’agissant de la volonté d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, l’orateur souligne que le facteur économique constitue la raison essentielle. La Turquie fera partie de cet ensemble et cela va contribuer grandement à la paix globale, car son pays est une passerelle entre le monde occidental et le monde arabe et musulman. La politique extérieure de la Turquie n’est pas conjoncturelle. Ses axes fondamentaux sont basés sur le long terme.
Avec l’Algérie, la Turquie partage des liens d’amitié et de fraternité, un passé commun. La Turquie garantit ses besoins en gaz naturel liquéfié d’Algérie à hauteur de 12%.
La coopération algéro-turque possède de bons atouts pour se développer davantage, a noté le diplomate turc.
Source: elmoudjahid