Si la journée a commencé tranquillement le matin, avec quelque 500 personnes au moment de l’ouverture officielle de la manifestation, le public a continué à affluer tout au long de ce dimanche. Mahfoud Zaoui, président de l’Association des musulmans d’Alsace organisatrice, attendait 4 000 personnes, on en était à 3 000 en fin d’après-midi.
Ce « mini-Bourget », à l’instar des grands rassemblements de l’Union des organisations islamiques de France, a permis aux musulmans du Grand Est de se retrouver pour entendre des conférenciers qu’ils voient régulièrement à la télé (Hani Ramadan, Tariq Oubrou, Farid Abdelkrim ou le prédicateur égyptien Safwate Hidjazi), la notoriété dans le monde islamique étant un critère de choix pour les organisateurs.
En l’absence du président Fouad Alaoui, c’est le secrétaire général de l’UOIF, Mamèche Makhlouf, qui a participé à la rencontre. « Une telle manifestation est très importante pour les musulmans qui sont nombreux dans cette région, mais aussi pour toute la société », souligne-t-il .
L’UOIF milite « pour les intérêts des musulmans en France » et souhaite notamment l’émergence dans les villes de « mosquées cathédrales », de carrés musulmans dans les cimetières, d’écoles privées musulmanes… « L’enjeu de ce rassemblement, c’est aussi un esprit d’ouverture et de dialogue, qu’on puisse s’exprimer et mieux se connaître. La visibilité, ce n’est pas pour dire : je suis là et j’exige. Mais pour dire : je suis là et je veux vivre, comme tous les croyants », indique Mahfoud Zaoui.
Les organisateurs ont invité tous les élus politiques, parmi lesquels le maire Jean Rottner et la députée Arlette Grosskost, les représentants des différents cultes — le grand rabbin de Mulhouse Élie Hayoun et le président de la communauté israélite Patrick Hirschhorn ont répondu à l’invitation. Le pasteur Alain Spielwoy est intervenu publiquement sur la question de « la spiritualité universelle comme alternative à la matérialité ».
Autre objectif du rassemblement : relancer les dons pour le projet de la grande mosquée de Mulhouse qui doit ouvrir ses portes au cours de l’été 2012 (coût global : 9 millions d’euros).
Entre deux conférences, le public a pu s’informer à différents stands, manifester sa solidarité avec le peuple palestinien, s’approvisionner en livres religieux, se restaurer, faire la prière dans un espace réservé à cet effet et le soir, se divertir grâce à une partie festive réunissant des groupes musicaux eux aussi très médiatisés. Pas de gratuité mais un tarif modique (5 € en prévente, 7 € sur place). « Nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme, mais pour nous faire connaître. Et nous ne cherchons pas les gens à tout prix. Les personnes vraiment intéressées par la rencontre viennent. »
Si cette « première » a attiré un public musulman, compte tenu notamment de son thème plus spirituel que sociétal, les organisateurs souhaitent que de plus en plus de non-musulmans franchissent la porte à l’avenir, pour voir, écouter, dialoguer.
Source: lalsace