Il s'agit, explique le premier magistrat, d'installer non pas un lieu cultuel, mais un centre culturel Averroès : un lieu polyvalent ouvert sur le dialogue entre cultures, un lieu destiné à tous les Pessacais.
Leur maire admet qu'une salle de prières pourra y être aménagée pour les musulmans, alors qu'actuellement la solution passe par le prêt de salles municipales pour le ramadan ou d'autres célébrations, comme la Nuit du destin (Laylatoul-Qadr, en septembre).
« Mais, précise Jean-Jacques Benoît, je me suis assuré que la convention qui sera signée comporte une clause permettant à la mairie de renégocier si les choses ne se passent pas comme convenu. »
Inutile d'imaginer, comme l'ont laissé croire certaines récentes manifestations hostiles, que le centre des Échoppes, à 2 kilomètres du centre-ville sur la route d'Arcachon, accueillera un minaret, et que le chant du muezzin va troubler la paix des vignes de Haut-Brion ! La salle de prières pourrait intéresser quelques centaines de musulmans résidant à Pessac, « essentiellement d'origine marocaine, mais aussi des Turcs et des musulmans d'Afrique de l'Ouest », précise Jean-Jacques Benoît.
La région dispose ainsi d'un certain nombre de lieux de culte. Sont-ils en nombre suffisant ? Apparemment pas pour Tareq Oubrou, recteur de la mosquée El Huda de Bordeaux. « Chaque communauté géographique veut sa mosquée. Mais, à peine construite, elle est déjà pleine », assure-t-il.
La demande semble supérieure à l'offre. Dans notre région, les musulmans disposent de plusieurs lieux de prières dans chaque département : quatre à Bordeaux, dont la plus ancienne rue JulesGuesde, celle de Cenon, rive droite, celle de la rue des Menuts (dite mosquée des Algériens), celle des Turcs cours Victor-Hugo, mais aussi à Cadillac, Sainte-Foy-la-Grande, Libourne, Castillon. La dernière ouverture a eu lieu à Mérignac. La mosquée Essalam, un bâtiment discret près de l'aéroport, est achevé mais pas prêt à l'emploi.
Source: sudouest