Une étude prônait il y a un an de former leurs imams dans les universités suisses
Suisse(IQNA)- Il faut former des imams en Suisse. Là-dessus, tout le monde est d’accord, ou presque, comme le montrait l’an passé une enquête financée par le Fonds national suisse de la recherche (FNS). Un prédicateur qui enseigne un islam imprégné de culture européenne, qui connaît le pays et l’une des langues jouera mieux son rôle de trait d’union entre les musulmans et la société suisse, affirmaient en chœur les milieux intéressés.
Destinée aux non-musulmans et aux musulmans, l’offre mise sur pied à l’Université de Fribourg visait notamment à former imams et cadres associatifs au contexte européen. Mais seules deux inscriptions de musulmans ont été enregistrées en provenance des cantons de Vaud et de Genève, qui hébergent pourtant les plus grandes communautés musulmanes romandes.
«Tout le monde semble d’accord sur la nécessité d’une formation, mais personne ne prend l’initiative», s’agace Stéphane Lathion, père de cette tentative avortée. Le président du Groupe de recherche sur l’islam en Suisse attribue cet échec avant tout, entre autres causes, au manque de mobilisation des musulmans eux-mêmes.
«Les cadres associatifs n’ont pas servi de relais auprès de leur communauté, alors même qu’ils répètent qu’ils sont favorables sur le principe à la formation des imams. Qu’ils reconnaissent leurs contradictions!» tempête le chercheur.
«La votation antiminarets a sonné tout le monde, et personne, ni du côté musulman ni du côté des politiques, n’est prêt à construire quelque chose, constate, amer, Mohamed Ali Batbout, président de l’Union des associations musulmanes de Fribourg. Finissons d’abord ce débat sur la burqa, on pourra ensuite parler de la formation des imams plus sereinement.»
Le chemin sera donc encore long avant de voir un premier imam diplômé d’une Haute Ecole helvétique. Pour débloquer la situation, «les musulmans devront dépasser leurs éventuelles divergences et définir les standards de formation de leurs imams, préconise Christoph Uehlinger, codirecteur du programme national financé par le FNS. Quant au Conseil fédéral il pourrait inciter les universités à trouver une solution.»
Source: 24heures