Le terme halal ne s'applique pas uniquement à la nourriture, mais à toute chose réglementée par la loi islamique, comme les prêts bancaires. Dans l'islam, un taux d'intérêt supérieur à 0.001% est jugé illicite -c'est la riba, équivalent de l'usure.
D'après le Coran, "Dieu a rendu licite le commerce et illicite l'intérêt". Un musulman respectant la charia n'a donc pas le droit d'emprunter dans une banque classique française. L'appellation halal a "longtemps été limitée à la viande et à un geste technique, mais c'est comme le bio, c'est un mode de vie", explique Fateh Kimouche, fondateur du site al-kanz.org, spécialisé dans l'information des consommateurs musulmans.
Le halal, c'est ce qui est licite selon la loi islamique, au contraire du haram, illicite. Par définition, presque tous les aliments, sauf l'alcool et le porc, sont halal. La viande doit être préparée seon le rite islamique, c'est-à-dire quand l'animal est abattu sans étourdissement, par un croyant -pas forcément musulman- qui invoque le nom de Dieu au moment du sacrifice.
Un restaurant Quick peut-il être garanti halal?
Fethallah Otmani, directeur administratif d'AVS, organisme indépendant de certification et de contrôle de produits halal, n'en est pas convaincu. Il rappelle que "l'appellation halal n'est pas légalement protégée" et peut donc être attribuée à des produits non conformes au rituel islamique.
Quand le client achète un sandwich halal chez Quick, il donne de l'argent au restaurant qui, lui, achète sa viande chez un fournisseur halal. Celui-ci emploie un "sacrificateur", qui abat l'animal selon le rite musulman. Ce salarié est agréé par une institution religieuse musulmane.
Le ministère de l'Agriculture agrée trois établissements en France: la Grande mosquée de Paris, la Grande mosquée de Lyon et la mosquée d'Evry, qui délivrent une sorte de permis à celui qui abat l'animal. Le sacrificateur paie 150 euros à la mosquée chaque année pour obtenir son habilitation. "C'est la rémunération d'une prestation de service", souligne Fateh Kimouche.
La France comptait 309 sacrificateurs habilités en 2007, "dont au moins 92 de manière temporaire, pour les fêtes de l'Aïd", précise Fateh Kimouche. La mosquée d'Evry-Courcouronnes a délivré quelque "140 cartes de sacrificateur cette année", annonce son coordinateur social et administratif, Ali Sedouki. Une partie de leur activité consiste à contrôler certains des fournisseurs de Quick, qui travaillent aussi pour beaucoup d'autres établissements.
La mosquée touche donc 21 000 euros grâce aux habilitations, dont une partie seulement est due indirectement aux achats de Quick chez des fournisseurs halal. Pas de quoi financer la construction de nouvelles mosquée. "Ces habilitations sont presque nos seuls revenus avec les quelques dons que nous recevons, ajoute Ali Sedouki, cet argent sert à payer les charges de la mosquée: le chauffage, les salariés, l'eau".
Quant aux sacrificateurs, la majorité sont employés dans des sociétés privées. Fateh Kimouche rappelle d'ailleurs que "la quasi totalité des sociétés qui commercialisent du halal sont tenues par des non musulmans. Fleury Michon n'est sûrement pas détenu par Ben Laden." Fleury-Michon, Herta, Casino - avec sa marque spécialisée Wassila - offrent un gamme halal destinée au marché français.
Source: lexpress