La wilayat dans le commentaire "Al Rahman" de l'Allameh Balaghi

10:23 - December 08, 2010
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La wilayat dans le commentaire "Al Rahman" de l'Allameh Balaghi
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آلاءالرحمن؛ تفسير دين‌پژوهانه و اعجازشناختی قرآن/31
روح ولايت‌پذيری در تفسير آلاء‌الرحمن نمايان است
La wilayat dans le commentaire "Al Rahman" de l'Allameh Balaghi
L'Hodjat-ol-islam Ebrahim Yaghoubi, professeur au centre d'enseignement islamique de Machhad, dans un entretien avec l'Agence iranienne de presse coranique a déclaré que le respect du principe de la Wilayat dans le commentaire coranique «آلاء‌الرحمن فی تفسير القرآن» de l'Allameh Balaghi, était évident.
"La révélation coranique a duré 23 ans. Du vivant du Prophète (AS), le Coran était réuni en un seul texte, mais après la disparition du Prophète (AS), les mémorisateurs et les transcripteurs en ont fait un livre non en fonction de l'ordre de la Révélation mais selon l'ordre que nous possédons aujourd'hui et qui selon l'Allameh Balaghi date d'après le Prophète (AS). L'Allameh Balaghi rejetait l'idée de toute falsification du Coran et dans la deuxième partie de son commentaire, à la page 42, il écrit que le Coran a assuré l'intégralité et l'intouchabilité de son texte, au verset 9 de la sourate Hejr :
«إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ»
L'Allameh Balaghi a considéré les révayats sur une éventuelle falsification du Coran comme faibles et incorrectes, et a repris les déclarations des grands maitres du chiisme, Cheikh Sadugh, Seyed Morteza, Cheikh Tussi, Kachef-ol-Ghata' et Cheikh Baha'i.
Dans la troisième partie de son commentaire, il présente les revayats sur une révélation en sept lettres comme peu probables, bien qu'il reconnaisse qu'il existe des divergences dans la transcription orthographique de certains mots comme le mot«الشی‌ء» de la sourate Nahl, mais pas dans la lecture qui est la même chez tous les musulmans.
Dans la quatrième partie, des sujets très importants sont abordés comme la nécessité du commentaire coranique, où l'Allameh Balagui explique que l'évolution linguistique a pu affecter le sens de certains mots et expressions, ou tout simplement fait disparaitre certains mots du vocabulaire, et qu'il est nécessaire de faire un commentaire pour expliquer des tournures désuètes ou des sens difficilement compréhensibles à la lecture.
Le Coran est un miracle de littérature qui utilise plusieurs techniques littéraires qui étaient courantes au moment de la Révélation mais qui, après les mixages ethniques ou l'émigration des musulmans vers d'autres pays, sont devenues assez obscures pour les interlocuteurs.
L'Allameh Balaghi cite en exemple, le commentaire Al Kachef de Zomakhshari qui était un grand spécialiste de la langue arabe, mais qui n'a pas pu interpréter avec justesse l'expression «لا اُقسم» de la sourate Vaghe'e.
Il cite aussi en exemple le verset 55 de la sourate Ma'edeh :
إِنَّمَا وَلِیُّكُمُ اللّهُ وَرَسُولُهُ وَالَّذِينَ آمَنُواْ الَّذِينَ یُقِيمُونَ الصَّلاَةَ وَیُؤْتُونَ الزَّكَاةَ وَهُمْ رَاكِعُونَ
où le mot «الّذين» qui est un terme général, doit être attribué à Hazrate Ali (AS) et nécessite une connaissance des Ahl-ul-Bayt (AS) chez le commentateur.
Au sujet du verset 179 de la sourate Ahraf,
...لَهُمْ قُلُوبٌ لاَّ یَفْقَهُونَ
qui dit que le cœur est le centre de la pensée et de la compréhension, l'Allameh Balaghi estimait qu'un commentaire était nécessaire pour voir si ces déclarations étaient ou non, en contradiction avec les sciences modernes.
L'Allameh Balaghi avant le commentaire d'une sourate, présente le nom, les effets de sa récitation, le contexte de la Révélation et certains points littéraires, puis entre dans le commentaire et les questions de jurisprudence. Son commentaire est un commentaire général mais qui aborde de nombreux sujets particuliers. A la page 127, il aborde la question de la prière dans le commentaire de l'expression coranique«اياك نعبد» dans la sourate Hamd. Pour lui, la prière est une relation exclusive entre les hommes et Dieu, et c'est uniquement à Dieu que nous devons demander secours comme le faisaient les Saints Imams (AS). L'Allameh avait des interprétations personnelles très intéressantes et cherchait à faire disparaitre les contradictions entre les versets et les revayats, en utilisant les connaissances profondes qu'il avait des autres religions, qui lui ont même permis parfois de rejeter certaines revayats sunnites.
Dans le commentaire du verset 45 de la sourate Baghare :
وَاسْتَعِينُواْ بِالصَّبْرِ وَالصَّلاَةِ.../از شكيبایى و نماز يارى جوييد...
et du verset 153 de la même sourate :
یَا أَیُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ اسْتَعِينُواْ بِالصَّبْرِ وَالصَّلاَةِ إِنَّ اللّهَ مَعَ الصَّابِرِينَ
qui nous recommande la patience et la prière, il cite le verset 64 de la sourate Nissa :
وَمَا أَرْسَلْنَا مِن رَّسُولٍ إِلاَّ لِیُطَاعَ بِإِذْنِ اللّهِ وَلَوْ أَنَّهُمْ إِذ ظَّلَمُواْ أَنفُسَهُمْ جَآؤُوكَ فَاسْتَغْفَرُواْ اللّهَ وَاسْتَغْفَرَ لَهُمُ الرَّسُولُ لَوَجَدُواْ اللّهَ تَوَّابًا رَّحِيمًا
qui est une critique divine aux pêcheurs qui ne recourent pas à l'aide et à l'intercession du Prophète (AS).
Pourquoi l'expression secondaire «اياك نعبد» est elle venue avant l'expression «إِیَّاكَ نَسْتَعِينُ» qui est prioritaire dans la grammaire arabe ? L'objectif, dit-il, est de montrer l'exclusivité de la demande de l'aide divine, c'est uniquement à Toi que nous demandons secours, pourquoi donc dans d'autres versets Dieu recommande de chercher secours dans la prière et la patience ? L'Allameh a très bien répondu à cette question en expliquant que nous avons deux sortes de demande d'aide, la demande à Dieu en tant que créateur, c'est le sens de l'expression coranique «إِیَّاكَ نَسْتَعِينُ» qui est unique et réservée uniquement à Dieu, et la demande aux intercesseurs qu'Il nous a présentés.
L'Allameh aborde aussi la question de l'istighfar (la demande de pardon) dans son commentaire de la sourate Hamd et de l'expression «إِیَّاكَ نَسْتَعِينُ». "Comment expliquer l'intercession de créatures ?", demande-t-il, puis il explique que c'est à cause du degré que Dieu a accordé aux Ahl-ul-bayt (AS) et au Prophète (AS) qu'il est possible de les considérer comme des intercesseurs et de leur demander d'intercéder pour le pardon de nos péchés.
Dieu a dit au verset 60 de la sourate Ghafer :
...ادْعُونِی أَسْتَجِبْ لَكُمْ..
Pourquoi est-il nécessaire de prier Dieu qui sait tout ? L'Allameh explique alors que la prière est un exercice de piété qui nous permet de profiter de la grâce divine. Il explique que le recours aux Ahl-ul-bayt (AS) n'est pas une innovation religieuse mais une pratique reconnue et permise par Dieu dans les versets 96 et 97 de la sourate Yussof (AS):
قَالُواْ یَا أَبَانَا اسْتَغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا إِنَّا كُنَّا خَاطِئِينَ/ قَالَ سَوْفَ أَسْتَغْفِرُ لَكُمْ رَبِّیَ إِنَّهُ هُوَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ
où les fils de Yaghoub (AS) lui demandent d'intercéder auprès de Dieu pour le pardon de leurs péchés.
L'Allameh Balaghi présente aussi des versets qui disent qu'aucune intercession ne sera acceptée le jour du jugement, comme le verset 4 de la sourate Sadjje :
...مَا لَكُم مِّن دُونِهِ مِن وَلِیٍّ وَلَا شَفِيعٍ
ou le verset 254 de la sourate Baghare
یَا أَیُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ أَنفِقُواْ مِمَّا رَزَقْنَاكُم مِّن قَبْلِ أَن یَأْتِیَ یَوْمٌ لاَّ بَیْعٌ فِيهِ وَلاَ خُلَّةٌ وَلاَ شَفَاعَةٌ وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ
Comment expliquer l'intercession des Ahl-ul-bayt (AS) dans ce contexte ?
L'Allameh répond en expliquant qu'il s'agit de l'intercession pour les polythéistes dont les dieux n'ont aucun pouvoir, contrairement aux Ahl-ul-bayt (AS) qui sont des créatures divines à qui Dieu a donné ce pouvoir.
L'Hodjat-ol-islam Ebrahim Yaghoubi a aussi loué la précision de l'Allameh dans son commentaire :
"Il a donné des explications originales de certains versets, et a réussi à résoudre certaines contradictions apparentes entre les versets et les revayats, et grâce à ses grandes connaissances historiques, il a même réussi à critiquer les travaux de certains grammairiens et lexicographes", a-t-il dit.
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