L'Ayatollah Mahdavi Hadavi Téhérani, membre du comité international de dialogue entre l'islam et l'occident, le 8 décembre 2010, au troisième jour de la dernière réunion organisée à Machhad, a déclaré que l'Histoire de l'islam était remplie de mouvements politiques et idéologiques qui rendaient parfois difficile la distinction de la vérité.
"L'étude des documents historiques nous met face à de multiples courants politiques et idéologiques qui sont très difficiles à interpréter pour des gens qui ne connaissent pas bien les principes islamiques.
Chaque groupe a tenté d'expliquer les vérités historiques selon son système de pensée et c'est la raison pour laquelle il est nécessaire que les chercheurs fassent attention et étudient tous les documents qui existent. Les courants politiques après le Prophète (AS) remontent à Mohavieh qui a installé son pouvoir à l'époque d'Osman, (le troisième calife). Il ne s'est pas soumis au pouvoir de l'Imam Ali (AS) et a étendu son propre pouvoir à l'époque de l'Imam Hassan (AS).
Il a assuré son pouvoir en développant une idéologie apparemment conforme à l'islam. Il fut le précurseur du mouvement Ascharite qui défendaient l'idée de la prédestination, et qui lui permit d'assoir son pouvoir.
Mohavieh demanda aux gens dans la mosquée : "Si Dieu est opposé à un acte, est-ce que cet acte peut se réaliser ? " Les gens ont répondu par la négative, il a alors poursuivi :"C'est donc la volonté divine que je sois au pouvoir, est-il possible que quelque chose arrive sans que Dieu le veuille ? " Les gens ont encore acquiescé, Mohavieh a dit alors : "Personne n'a donc le droit de s'opposer à moi".
La philosophie des ascharites s'est imposée dans tout le monde de l'islam car elle avait une présentation islamique et était facilement acceptable par la majorité des gens. Les Ahl-ul-bayt (AS) se sont opposés à cette doctrine ainsi qu'à la doctrine des Mutazilites qui prétendaient que tout avait été laissé à la volonté humaine, en se plaçant au juste milieu et en reconnaissant l'existence d'une volonté humaine dans le cadre de la volonté et de la science divines.
Mohavieh dans son testament, a manifesté ses inquiétudes au sujet de plusieurs personnalités comme Hossein Ebn Ali (AS), Abdollah ben Omar qui était le fils du deuxième calife, et Abdollah ben Zobeir.
Il y a beaucoup de discussions sur l'absence du nom d'Abdol Rahman ben Abi Bakr, fils du premier calife, dans ce testament où Mohavieh déclare :" Abdollah ben Omar est tellement occupé par ses prières qu'il a oublié la politique et ne représente aucun danger. Hossein ebn Ali (AS) ne se soumettra pas à vos demandes, il est respecté par les gens, faite attention. Quant à Abdollah ben Zobeir, c'est un homme rusé qui profitera de la moindre occasion pour vous nuire, où que vous le trouviez attrapez-le et tuez-le, à moins qu'il ne vous demande refuge et se résigne à vous aider".
Yazid n'a pas respecté le testament de son père, après la mort de Mohavieh et la prise de pouvoir par Yazid, Hossein ebn Ali (AS) et Abdollah ben Zobeir se sont révoltés contre lui. Pendant son séjour à Médine, beaucoup de gens venaient voir l'Imam Hossein (AS) ainsi que Abdollah ben Zobeir qui cherchait par là à se faire une notoriété. Le gouverneur de Médine avait reçu l'ordre de leur demander un serment d'allégeance à Yazid. Il les invita tous les deux, Abdollah ben Zobeir resta silencieux attendant que l'Imam Hossein (AS) prenne la parole le premier, l'Imam Hossein dit alors :" Un serment d'allégeance en secret ne vous servira à rien, il vaut mieux que cela se fasse au grand jour et en public". Le gouverneur de Médine, pensant qu'ils avaient décidé de faire cette déclaration publiquement, interrompit la réunion. Abdollah ben Zobeir avec son frère et quelques personnes, quitta Médine pendant la nuit pour la Mecque en prenant une voie détournée. L'Imam Hossein lui aussi se prépara à quitter Médine mais il le fit au grand jour avec sa famille et par le chemin courant que tout le monde prenait pour ce voyage.
Le huitième jour du mois de Zil Hadjeh, l'Imam quitta la Mecque et les cérémonies du hadj, et partit en direction de l'Irak. Certains extrémistes se mirent à lui donner des conseils, il répondit qu'ils (les ennemis et Yazid ) ne respecteraient pas la sacralité de la Mecque.
Le combat de Karbala dura une demi-journée. L'Imam Hossein (AS) et ses partisans furent tous tués après la prière de midi, les femmes et les enfants furent faits prisonniers et emmenés à Kufé.
Abdollah ben Zobeir qui était resté à la Mecque, renforça ses troupes et prit la Mecque, l'Hedjaz et l'Irak. Il se fit même passer pour un membre de la secte des khavarejs et obtint l'allégeance des Egyptiens pour étendre son pouvoir jusqu'en Afrique du nord. Il régna pendant douze ans et attaqua deux fois la Mecque qui faisait partie de son territoire. La première fois, la Kaaba fut incendiée par les Omeyyades pour faire sortir les partisans d'Abdollah ben Zobeir qui s'y étaient réfugiés, mais la mort de Yazid et le retrait des troupes omeyyades lui permirent de rester au pouvoir. La seconde fois, à l'époque d'Abdol Malik Marvan, Hodjaj ben Yussof Saghafi attaqua la Mecque et détruisit la Kaaba. Abdollah ben Zobeir trouva la mort dans cette bataille laissant la place à ses descendants dans certaines régions du monde de l'islam.
Abdollah ben Zobeir était de la même nature que Yazid et Mohavieh, son combat était un combat pour le pouvoir, alors que le mouvement de l'Imam Hossein (AS) était un mouvement pour la défense des valeurs et non un mouvement individuel pour prendre le pouvoir à tout prix. Les intérêts de l'islam étaient plus importants pour lui que les intérêts personnels. L'Imam Hossein (AS) avait senti le danger qui menaçait l'islam et avait déclaré que la communauté devait renoncer à l'islam si elle acceptait quelqu'un comme Yazid à sa tête. Lors des discussions sur le champ de bataille, au moment où les ennemis vantaient les qualités de leur tribu et insultaient le camp adverse, l'Imam Hossein (AS) lui, cherchait à éclairer les cœurs. Vingt personnes du coté de l'Imam Hossein, étaient des gens qui avaient été payés par Omar-e-Sa'd pour tuer l'Imam Hossein (AS) alors que d'autres personnes qui se disaient musulmanes, non seulement n'ont pas accompagné l'Imam Hossein (AS) mais ont aussi empêché leur famille de se joindre à lui.
Malgré la politique et l'intelligence divine de l'Imam Hossein (AS), certains historiens ont accordé une plus grande importance au mouvement d'Abdollah ben Zobeir.
Le souvenir de l'Imam Hossein (AS) a inspiré les révolutionnaires et même les marxistes à l'époque de la Révolution islamique, et les combattants de la défense sacrée qui a duré huit ans en Iran", a déclaré L'Ayatollah Mahdavi Hadavi Téhérani.
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