Le Secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique, Pr. Ekmeleddin Ihsanoglu a déclaré que l'OCI joint sa voix à celles qui demandent l'imposition d'un embargo aérien sur la Libye, pour protéger les civils contre les raids aériens et a invité le Conseil de sécurité des Nations Unies à assumer ses responsabilités.
Prenant la parole devant la réunion des représentants permanents des l'OCI sur la situation en Libye, tenue mardi, au siège du Secrétariat Général à Djeddah, il a réaffirmé que l'Organisation s’oppose à toute intervention militaire étrangère en Libye ; soulignant toutefois le fait que les autorités libyennes poursuivent leurs pratiques dangereuses, faisant fi des appels de la communauté internationale et de leurs obligations en tant que membre de l'Organisation de la Conférence islamique dont la Charte - signée et ratifiée par la Libye- et le Programme d'Action décennal réaffirment les principes du respect des droits humains, de la bonne gouvernance et de l'état de droit.
A cet égard, le Secrétaire général a souligné l'ampleur des combats, mettant en garde contre le spectre de la guerre civile qui commence à se profiler à l'horizon, avec toutes les conséquences négatives et dangereuses qu’elle pourrait engendrer pour la Oummah islamique et sa stabilité, ainsi que pour les pays limitrophes, en plus des conséquences économiques néfastes qui peuvent s'ensuivre, notamment au niveau de la production du pétrole et de l'augmentation des tarifs pétroliers.
Le Secrétaire général a fait savoir qu’il a reçu plusieurs appels à déployer des efforts d'urgence, pour arrêter l'effusion de sang et la terreur exercée sur les populations et épargner à la région des conséquences très néfastes qui mettent en péril la sécurité régionale et internationale.
Le Secrétaire général a évoqué la crise humanitaire à l'intérieur de la Libye, notamment dans les régions de l'Est et de l'Ouest, dont l’accès est interdit aux organisations humanitaires ce qui, a-t-il souligné, constitue une violation du droit international humanitaire. Mais, a-t-il encore fait savoir, malgré les appels répétés de l'OCI et du Gouvernement tunisien, la réaction de nos Etats membres et des organisations islamiques humanitaires reste en deçà des attentes, comparée à celle des autres Etats et organisations.
Le Secrétaire général a réitéré son appel à la réunion pour adopter un programme humanitaire islamique commun, sous l'égide de l'Organisation de la Conférence islamique, qui concernera à la fois l'intérieur de la Libye et les frontières avec la Tunisie, l'Egypte et le Niger.
A son tour, le Département des affaires humanitaire de l'Organisation a fait à la réunion un exposé sur la situation humanitaire et le plan qu’il a mis au point pour circonscrire la crise sur les frontières Est, Ouest et Sud de la Libye, sur la base des rapports établis par les deux missions qui séjournent actuellement à Salloum, en Egypte et à Ras Jdir, en Tunisie et des données fournies par les Etats membres.
Source: OCI