Les Palestiniens condamnent la fermeture d'un accès à l'esplanade des Mosquées

9:45 - December 13, 2011
Code de l'info: 2237760
Qods(IQNA)- La fermeture d'une passerelle menant à l'esplanade des Mosquées, jugée dangereuse par la municipalité de Jérusalem, a été qualifiée de « déclaration de guerre contre les lieux saints musulmans à Jérusalem » par le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza.
La structure de bois, érigée en 2004 à titre provisoire pour remplacer l'ancien passage, permet principalement aux touristes non musulmans de passer de l'esplanade du mur des Lamentations, où prient les juifs, à l'esplanade des Mosquées, où prient les musulmans.
Bien que la fermeture de la passerelle n'empêche pas les musulmans de se rendre à la mosquée al-Aqsa, plus grande mosquée de Jérusalem, toute démolition ou construction sur ce lieu saint du judaïsme et de l'islam est potentiellement explosive sur le plan politique, puisque les autorités de l'islam craignent de possibles atteintes aux monuments religieux.
« Cette mesure grave traduit le plan israélien d'agression contre la mosquée al-Aqsa, qui a déjà commencé dans les faits. Cet acte agressif représente une déclaration de guerre religieuse contre les lieux saints musulmans à Jérusalem », a déclaré à l'AFP Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas.
Il a appelé à « une mobilisation arabe et islamique pour arrêter cet événement dangereux ».
De son côté, l'Autorité palestinienne, qui gouverne la Cisjordanie, a condamné la fermeture de la rampe, estimant qu'Israël « sape les efforts internationaux [...] pour ressusciter le processus de paix ».
« Nous condamnons et rejetons cette escalade israélienne », a déclaré à l'AFP Nabil Abou Roudeina, le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
« Nous considérons que ces pratiques, que ce soit la fermeture de la porte des Maghrébins à Jérusalem, les agressions des colons ou la décision de construire 40 nouvelles unités de colonisation [...] visent à saper les efforts internationaux, en particulier ceux du Quartette, qui tente de ressusciter le processus de paix », a-t-il ajouté.
À Amman, la capitale jordanienne, le guide des Frères musulmans jordaniens, Houmam Saïd, a condamné « une atteinte flagrante aux lieux saints musulmans », prônant « la lutte contre l'entité sioniste pour libérer les territoires occupés ».
En novembre, les autorités israéliennes avaient reporté la démolition de cette structure, par crainte de vagues de protestation dans le monde arabo-musulman.
Au cours du premier mandat de Benyamin Nétanyahou à la tête du gouvernement israélien, en 1996, l'ouverture d'un tunnel d'accès pour touristes avait provoqué une révolte arabe, qui avait causé la mort de 60 Palestiniens et de 15 Israéliens.
En février 2007, un projet de rénovation de la rampe avait été arrêté en raison de la vague de manifestations qu'elle avait déclenchée dans le monde musulman, inquiet de possibles atteintes aux monuments islamiques de Jérusalem.
Selon le Waqf, l'office des biens religieux musulmans, les travaux menaçaient les fondations de l'esplanade des Mosquées. L'organisme considère par ailleurs que ce chantier appartient au domaine d'al-Aqsa et abrite des sites archéologiques islamiques et que l'ouvrage relève donc de sa seule responsabilité.
Les médias locaux s'attendent à ce que le gouvernement consulte le roi de Jordanie, gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, sur l'avenir de la rampe d'accès.
Source: radio-canada
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