Selon l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA) citant Al Alam, les égyptiens ont protesté également contre la décision de l'armée égyptienne de dissoudre le Parlement à l'avant-veille du second tour de l'élection présidentielle opposant un islamiste à un ancien général.
Des révolutionnaires avaient appelé à manifester en ce jour férié en Egypte, à la veille du scrutin pour dénoncer ce qui est perçu comme une tentative de "coup de force institutionnel" des généraux après l'invalidation des élections législatives de l'hiver remportées par les islamistes.
La décision de la Haute cour constitutionnelle de dissoudre l'Assemblée constituante et de maintenir la candidature d'Ahmad Chafiq dans la course à la présidentielle a provoqué un tollé chez les révolutionnaires et les islamistes, qui y voient la preuve de la volonté des militaires et des élites de l'ancien régime de se maintenir au pouvoir.
Le second tour de l'élection présidentielle de samedi et dimanche est le point d'orgue d'une année de transition assurée depuis le 11 février 2011 et la chute du président Hosni Moubarak par le Conseil suprême des forces armées (CSFA).
L'armée, qui a promis de remettre le pouvoir à un président élu d'ici juillet, a assuré jeudi que la décision de la Haute cour constitutionnelle ne remettait pas en cause la tenue du scrutin présidentiel.
Cette assurance n'a pas convaincu le mouvement du 6-Avril, l'un des fers de lance de la révolution ayant abouti au renversement d'Hosni Moubarak, qui a appelé à manifester ce vendredi contre "un coup d'Etat militaire en douceur".
"Nous sauverons notre révolution. Nous sauverons l'Egypte du régime militaire", écrit le mouvement dans un communiqué publié tôt vendredi Et qui cible ses attaques contre Ahmad Chafiq.
Cet ancien commandant de l'armée de l'air et dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak est arrivé en deuxième position au premier tour de la présidentielle, les 23 et 24 mai. Il affrontera au second tour le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi.
La juridiction suprême a annulé jeudi une loi votée en avril par le Parlement qui visait à interdire aux hauts responsables de l'ancien régime de concourir à la magistrature suprême.
L'ancien général, dont la candidature à la présidentielle avait été placée en sursis, a salué un jugement "historique", affirmant lors d'un meeting au Caire qu'il renforçait sa légitimité.
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