Islamophobie : une doctoresse refuse de soigner une jeune femme à cause de son voile

16:27 - December 19, 2012
Code de l'info: 2463592
Paris(IQNA)- Mardi 5 décembre, Nadia, une jeune femme résidant dans le département de l’Essonne, se rend dans le cabinet d’une doctoresse qui refusera de la soigner. Motif : Nadia porte un voile.
Mardi 5 décembre, Nadia, une jeune femme résidant dans le département de l’Essonne, se rend dans le cabinet de Mme X, médecin généraliste. Elle se sent mal. Et plus encore du fait de l’accueil qui lui est réservé. Le voile que porte Nadia la prive de soins. Mme X refusera de l’ausculter.
« Pourquoi n’êtes-vous pas venue comme ça ? »
« Discrimination chez un médecin », tel était l’objet du mail que nous envoya Nadia, jeune mariée, au lendemain de l’humiliation subie dans un cabinet médical d’Île-de-France. Suite à différents maux (vertiges, douleurs, asthénie et nausées) supportés pendant trois jours, Nadia s’inquiète et décide de consulter un médecin généraliste. Après plusieurs appels à différents cabinets, elle obtient un rendez-vous avec Mme X, un rendez-vous fixé à 18h15. Après 45 minutes difficiles à passer dans la salle d’attente du fait d’une aggravation des symptômes, la jeune femme est reçue par la doctoresse qui prend sa carte vitale. Première humiliation : Mme X demande si c’est bien Nadia en photo sur la carte, laquelle répond par l’affirmative. Deuxième humiliation : « Pourquoi n’êtes-vous pas venue comme ça ? », lance sèchement le médecin en regardant la photo de la jeune femme sans voile. Et de demander à sa patiente de quelle origine elle est.
Nadia répond au médecin, mais précise aussitôt qu’elle se sent vraiment mal et qu’elle a besoin d’être auscultée. La doctoresse fait la source oreille et poursuit : « Oui, mais c’est mon choix aussi de faire appliquer la laïcité dans mon pays. Ne comptez pas sur moi pour que je sois votre médecin traitant. » Ce fut aussi son choix de ne pas ausculter Nadia, préférant saisir une ordonnance et un stylo, puis de demander : « Bon, qu’est-ce qu’il vous faut ? »
« Prise par les émotions » et « humiliée », Nadia met un terme à l’échange :
« Je vois bien que ma présence vous dérange je préfère partir. »
– Non Non vous êtes là maintenant.
– Non je préfère voir un autre médecin.
– Oui, oui, ce n’est pas les médecins qui manquent. »
Humiliée, Nadia est reçue par un second médecin
Désabusée Nadia quitte le cabinet en se demandant comme la généraliste peut bien poser un diagnostic depuis sa chaise qu’elle ne quitte pas, sans poser la moindre question à sa patiente : rien sur ses antécédents médicaux, rien sur les symptômes, pas de prise de tension, pas de prise de pouls. La jeune femme quitte le cabinet, et c’est en pleurs qu’elle appelle la police, qui l’invite à porter plainte. Ne se « sentant plus en mesure de conduire », Nadia appelle son mari qui l’accompagne alors au commissariat de police. Il leur faudra attendre le lendemain pour être reçu. Motif avancé par l’agent : ce dernier ne peut prendre la plainte sans en avertir au préalable l’ordre des médecins. Au bord du malaise, Nadia va de plus en plus mal.
Le couple décide de se rendre immédiatement aux services des urgences de l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, puis est redirigé dans un établissement de Limeil-Brévannes (94). Nadia est rapidement, et bien, auscultée par un médecin « très agréable », selon les mots de la jeune femme.
Islamophobie : une doctoresse refuse de soigner
Depuis, le couple est accompagné par le service juridique du collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui prend l’affaire très au sérieux.
Cette semaine, Nadia a tenu à nous envoyer les documents relatifs à sa mésaventure. La jeune femme, qui a malheureusement fait une fausse couche samedi dernier, considère qu’il « est important que l’on sache jusqu’où peut aller l’islamophobie au risque de mettre en danger la vie de nos frères et sœurs ». Elle veut témoigner pour que « ce genre d’actes ne se reproduise plus. »
Rapport échographie
Ce qui est arrivé à Nadia a déjà eu lieu dans le passé. En 2004, un médecin affiche sur l’un des murs de la salle d’attente de son cabinet dans laquelle elle contraint les patientes voilées à ôter leur voile. Voici ce que les patients pouvaient lire :
Evry : Un médecin refuse les femmes voilées
En 2011, c’est dans le Val-de-Marne, toujours en région parisienne, qu’un médecin refuse de soigner un musulman à l’allure trop ostentatoire selon le praticien. Il est rare que ce soit les hommes qui soient victimes d’islamophobie. Ce que du reste le dernier rapport du CCIF souligne, puisque selon le collectif de lutte contre l’islamophobie 94 % des victimes sont des femmes.
Source: al-kanz
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