Dans le nord de la Birmanie, les combats entre l’armée gouvernementale et la minorité kachin ont redoublé d’intensité depuis Noël. L’armée a même procédé à des frappes aériennes sur les positions ennemies. Des frappes qui ont déclenché une vague de condamnations de la part de la communauté internationale, Nations unies et Etats-Unis en tête. A l’intérieur du pays, beaucoup souhaiteraient qu’Aung San Suu Kyi use de son autorité morale pour aider à trouver une solution négociée. Pourtant, selon le Straits Times de Singapour, la Dame de Rangoon a déclaré le 6 janvier refuser d’intervenir sans le feu vert du gouvernement.
Son silence à propos de l’éruption de violences entre bouddhistes et musulmans dans l’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, lui avait déjà valu d’essuyer de vives critiques. Aujourd’hui, même l’Irrawaddy, publication historiquement proche de celle qui incarna pendant plus de vingt ans l’opposition à la junte, ne mâche plus ses mots.
Tant sur la guerre en cours dans l’Etat Kachin que sur les milliers de boat people fuyant l’Etat Rakhine, dont beaucoup périssent en mer, «le Prix Nobel de la paix garde un silence inapproprié», écrit le webzine dans un éditorial. «Suu Kyi, qui aura 70 ans quand le pays se rendra aux urnes en 2015, est bien loin de la voix qui inspirait les masses opprimées du pays. Aujourd’hui, il semble qu’elle se contente d’attendre les instructions du gouvernement avant de prendre position sur l’absolue évidence : que le bain de sang doit cesser, sans quoi les blessures de la Birmanie ne cicatriseront jamais.»
Source: asie-info