Les musulmans ougandais ont exhorté le Parlement à adopter un projet de loi pour permettre d’avoir des tribunaux islamiques « khadi », basés sur la charia dans le but d’améliorer les services de juridiction dans le pays et réduire l’arriéré de procès dans les tribunaux laïques.
«Les questions de mariage en Islam ne peuvent pas être comparées à celles de toute autre foi», a confié récemment un érudit musulman ougandais, le cheikh Abbas Kakungulu, au journal ougandais New Vision.
«Ce projet de loi va nous aider à avoir la paix dans nos foyers, » a- t-il ajouté.
Le projet de loi qui suggère la création des tribunaux islamiques en Ouganda, avait d’abord été présenté par le Président du Conseil musulman pour la justice et le droit, Sseganda Jaffer.
S’exprimant lors du lancement d’un rapport d’enquête de base sur les centres de justice informels musulmans à Kampala, Sseganda a dit que de nombreux musulmans étaient à l’aise avec leurs affaires traitées par les tribunaux de la charia au lieu des tribunaux laïques.
Le rapport évoque également les enjeux auxquels l’administration fait face et ce qui doit être fait pour améliorer ses services.
La suggestion était applicable en vertu de l’article 129 de la Constitution ougandaise qui suggère les tribunaux de juridiction habilités à exercer le pouvoir judiciaire en Ouganda.
Ces tribunaux comprennent la Cour suprême, la Cour d’appel, la Haute Cour et des juridictions subordonnées comme le Parlement.
La Constitution ajoute que ces tribunaux peuvent créer des tribunaux « khadi » pour gérer le mariage ainsi que les cas de divorce, de l’héritage, de la propriété et de la tutelle.
Les musulmans constituent environ 14% de la population ougandaise de 32 millions d’habitants à prédominance chrétienne, selon le « World Factbook », une publication annuelle officielle de la CIA.
En Islam, la charia régit toutes les questions dans la vie des musulmans, des prières quotidiennes au jeûne et du mariage à l’héritage et aux litiges.
Le projet de loi en question jouit du soutien de la Commission ougandaise de reforme de la loi en tant que droit de la minorité musulmane.
«Les tribunaux « khadi » seront selon la loi de la charia, mais supervisés par la Haute Cour, » un haut Conseiller juridique à la Commission de Réforme de la loi en Ouganda.
«Ceux qui ne sont pas satisfaits de leurs jugements seront libres de faire appel devant la Haute Cour », a souligné Lilianne Kiwanuka.
Elle a ajouté que le projet de loi sera présenté au Conseil des ministres prochainement, notant que le projet en question décrit l’administration des tribunaux «khadi » et leur compétence.
Elle a ajouté que les fonctionnaires des tribunaux « khadi » seront formés sur les cas à traiter et ceux dont ils doivent renvoyer aux tribunaux laïques.
Elle a indiqué que si les musulmans ne se sentent pas à l’aise avec certaines clauses du projet de loi, ils devront attendre jusqu’à ce qu’il arrive au Parlement avant qu’ils ne puissent donner leur avis.
Les conseils de la charia, une forme de tribunaux islamiques, existent depuis longtemps dans certains pays non-musulmans tels que la Grande-Bretagne. Ils mettent généralement l’accent sur les questions relatives au mariage et au divorce. Ces tribunaux existent également dans certaines parties de la Grèce.
Source: islametinfo