Selon IQNA citant Shia Post, les Pakistanais ont manifesté à Islamabad, Lahore, Quetta, Hayderabad, Multan, Muzaffarabad et d’autres villes du pays et ont demandé l’arrestation des responsables d’un attentat qui a tué 81 personnes.
Des chiites ont manifesté dans différentes villes du Pakistan hier pour demander l’arrestation des auteurs de l’attentat contre cette minorité musulmane la veille. Une bombe cachée dans un camion-citerne actionnée à distance a en effet explosé samedi en fin de journée près d’un édifice de deux étages qui s’est aussitôt effondré dans un bazar à Hazara Town, une ville chiite située dans la banlieue de Quetta, la capitale du Baloutchistan dans le sud-ouest du pays, selon les autorités locales.
Azidullah Hazara, le président du Parti démocratique Hazara, une petite formation représentant les chiites de l’ethnie du même nom, a donné hier un ultimatum de 48 heures aux autorités pour lancer une opération ciblée contre les assaillants sans quoi il allait appeler à une forte mobilisation dans la rue.
Des manifestations d’appui aux victimes de l’attentat de Quetta ont donc eu lieu dans la métropole Karachi, à Lahore, la deuxième ville du pays, de même qu’à Muzaffarabad, la capitale de la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, où environ 2 000 chiites ont crié des slogans antigouvernementaux et demandé l’arrestation des auteurs de cette attaque.
Le Premier ministre pakistanais Raja Pervez Ashraf avait de son côté appelé les forces de l’ordre à arrêter et traduire en justice les auteurs de ces attaques, mais cette demande a été accueillie avec scepticisme par des chiites qui reprochent au gouvernement son incapacité, voire son manque de volonté, pour contrer le Lashkar-e-Jhangvi.
Ce dernier attentat, qui a fait 81 morts et près de 180 blessés selon un dernier bilan de la police locale, est le deuxième plus meurtrier contre les chiites dans l’histoire du Pakistan. Ces nouvelles violences interviennent un peu plus d’un mois après une série d’attentats antichiites ayant fait plus de 90 morts à Quetta, également revendiqués par le LEJ, un groupe fondé au milieu des années 90 qui multiplie les assauts contre la minorité chiite qui constitue environ 20 % des 180 millions de pakistanais.
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