Finance islamique : la cohabitation est possible avec le système bancaire classique

7:59 - March 13, 2013
Code de l'info: 2506506
Rabat(IQNA)- Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises, en collaboration avec le groupe Al Maali For Islamic Finance Consulting, a organisé un colloque sur le thème «la finance islamique au Maroc, quelles perspectives ?» pour rappeler l’importance de ce mode de financement et les différents avantages qu’ils pourraient procurer à une économie «stable et en cours développement».
Avec les crises qui secouent le système financier conventionnel depuis 2007 et pour faire face aux problèmes de manque de liquidité dont souffrent les banques classiques, le système des finances islamiques apparait de plus en plus comme une alternative fiable. Ce système connait, en effet, un essor remarquable. Une croissance à deux chiffres qui dépasse les 23%, un chiffre d’affaires qui avoisine les 1 100 milliards de dollars et une présence dans les plus grandes capitales européennes, autant d’éléments qui font de ce mode de financement la solution qui permettrait d’atténuer les effets de la crise.
C’est dans ce cadre que l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE), en collaboration avec le groupe Al Maali For Islamic Finance Consulting, a organisé un colloque sur le thème «la finance islamique au Maroc, quelles perspectives ?» Cette rencontre a été une occasion propice pour les différents intervenants de rappeler l’importance de ce mode de financement et les différents avantages qu’ils pourraient procurer à une économie «stable et en cours développement» comme celle du Royaume. En ouverture de ce colloque, Rachid M’Rabet, directeur du cycle doctoral à l’ISCAE, a précisé que le Maroc avait opté pour la commercialisation des produits islamiques via des banques de la place. En effet, trois banques marocaines proposent depuis quelque temps des produits tels que «Mourabaha», qui est un contrat en vertu duquel la banque achète un bien en vue de le revendre au client avec une marge bénéficiaire qui fait objet d’un commun accord entre les deux parties dès le départ. Ces banques proposent également le produit «Ijara» qui consiste en la location par la banque à son client d’un bien qu’elle possède.
Toutefois, le chercheur en finance islamique Sidi Mohamed El Omari Alaoui reste sceptique quant au lancement de ces produits dans le cadre fiscal actuel. Selon ce spécialiste, ce cadre prévoit une surtaxation de ces produits, les rendant beaucoup plus chers que les produits classiques. Sachant toutefois que dans plusieurs cas de figure, des contrats dans le cadre des finances islamiques devraient être exonérés d’impôt, selon l’expert en fiscalité. Intervenant en début de cette rencontre, Mahfoudh Barouni, président du conseil d’administration de Zitouna Takaful (Compagnie d’assurance islamique en Tunisie), a appelé à une plus grande ouverture vis-à-vis de ces produits, réclamant un traitement juridique semblable à celui des banques classiques.
M. Barouni a souligné que les deux systèmes bancaires se croisent dans nombre de points, précisant ainsi que l’idéal serait d’opter pour une cohabitation entre les deux. De son côté, Ali Alami Idrissi, directeur général d’Optima finance consulting, a rappelé dans son intervention que le système islamique est un système financier liant le capital financier à l'industrie et au commerce sans recours à l'intérêt. Autrement dit, il s’agit d’un système lié uniquement à l’économie réelle, donc conforme aux règles de la Charia. M. Idrissi a précisé ainsi que, dans ce cas, la banque et le client partagent les pertes et les profits, ce qui est l’un des éléments clés de la finance islamique.
En clôture des travaux de ce colloque, les participants étaient unanimes à dire que les produits proposés par la finance islamique sont «effectivement» des produits alternatifs et qu’il ne s’agit pas d’un «simple habillage» des produits financiers proposés par les banques conventionnelles.
Source: lematin
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