Pour parler de la façon dont les oulémas peuvent aider à diffuser les valeurs de modération dans le monde musulman, le Centre mondial pour le renouveau et l'orientation, basé au Royaume-Uni, a organisé le lundi 22 avril une rencontre entre responsables religieux, prédicateurs et intellectuels religieux à son bureau de Nouakchott.
Parmi les sujets abordés : en quoi les actes des groupes extrémistes, prétendument menés au nom de la religion, sont-ils contraires aux principes de l'Islam ?
"Les groupes extrémistes ne sont pas autorisés à détruire les tombeaux des saints, parce qu'un tel comportement est un acte du diable contraire aux enseignements de l'Islam", a expliqué le vice-président du Centre, Sheikh Hamza Yusuf.
"Les oulémas de la nation doivent aujourd'hui redoubler d'efforts pour diffuser les valeurs de modération entre les peuples et répondre aux défis de notre époque", a-t-il déclaré.
Oulémas et sheikhs ont reconnu que la diffusion de l'idéologie extrémiste au sein de la jeunesse était le résultat d'une crise des valeurs et de l'échec de certaines familles, de certaines écoles et de certains sheikhs à proposer une orientation adéquate.
Il est désormais temps que les oulémas retrouvent leur rôle premier, ont-ils déclaré.
Les responsables religieux doivent "conserver leur statut unique de militants de la tolérance et de propagateurs des valeurs de justice et de dialogue, comme moyen de réformer la nation", a expliqué Faqih Abdullah Ould Aala Salem, membre du Centre mondial.
"La raison de la propagation de l'idéologie extrémiste, qui pousse certains à considérer que le meurtre de non-Musulmans et la saisie de leurs biens sont autorisés, tient au manque de compréhension de l'Islam par les jeunes", a expliqué Mohamed Abdullah Ould Abdel Wahab à Magharebia.
"Cette attitude se retrouve en particulier chez les adolescents", a-t-il ajouté.
La promotion d'une pensée religieuse modérée a également été le thème d'une autre conférence récemment organisée en Mauritanie. Un groupe de réciteurs du Coran venus de Mauritanie, du Maroc, du Mali, du Sénégal et de Guinée s'est réuni à Nouakchott du 22 au 25 avril.
Ce rassemblement était organisé par l'Organisation islamique pour l'éducation, la science et la culture (ISESCO) en coopération avec l'organisation Holy Qur'an Memorisation International (HQMI) et la Commission nationale mauritanienne pour l'éducation, la culture et la science.
"J'estime que le réciteur du Coran doit être un modèle pour les autres sur les questions de comportement et de mentalité", a expliqué Mohamed Ould Med Radhi Ould Mlih, du ministère mauritanien des Affaires islamiques.
Ces récitants ont pour mission "de renoncer à toute forme de violence et de dénoncer les assassinats par les terroristes, parce que le Saint Coran, dans son fond comme dans sa forme, est un symbole de modération", a-t-il ajouté.
Quiconque apprend le Coran et le comprend bien peut éviter de tomber sur la voie du terrorisme et de la violence, a ajouté le Guinéen Mohamed Ali Sow pour Magharebia.
"C'est un fait que les Musulmans qui commettent des actes de terrorisme n'ont au départ jamais étudié l'Islam et ne se sont jamais véritablement penchés sur sa signification", a-t-il ajouté.
"Le vrai Musulman est miséricordieux, ouvert aux autres et adversaire de la violence. Les terroristes n'ont pas appris correctement les enseignements de l'Islam", a expliqué ce jeune participant.
Source: magharebia