Après dix ans d’intense activité, l’institution de la zakat sera opérationnelle courant 2013 pour "renforcer le dispositif social, favoriser la création d’emplois et lutter contre la pauvreté en Algérie", a affirmé jeudi dernier à Souk Ahras, M. Ahmed Saïdi, conseiller du ministre des Affaires religieuses et du Wakf, Bouabdallah Ghlamallah.
Composée de nombre de personnalités religieuses et d’experts financiers ayant encadré le Fonds de la zakat depuis sa création en 2003, cette institution spécialisée sera dotée d’un statut juridique qui déterminera ses missions et œuvrera à leur promotion, a souligné le haut responsable du ministère. Il a ensuite ajouté que ce Fonds aura également à définir la stratégie de collecte et d’utilisation des ressources de la zakat, sachant que les imams — qui jouent un grand rôle dans le domaine de la collecte de la zakat, notamment en matière de sensibilisation des citoyens — ne pourront pas gérer l’argent de la zakat, car c'est une mission technique et complexe qui doit être menée par des cadres possédant une expérience considérable en matière de comptabilité et de finances.
Troisième pilier de l’islam, la zakat est versée aux pauvres et aux démunis, conformément aux prescriptions divines. Dans la sourate IX, verset 103 du saint Coran, Allah dit : « Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre sans tâche. »
Partant de là, les autorités publiques ont, à l’instar de plusieurs pays arabes et musulmans, pris l’initiative tout à fait légale d’ailleurs, de consacrer une part de l’argent de la zakat au financement de micro--projets socio-économiques qui profiteront aux jeunes chômeurs sous forme de crédits bonifiés, crédits qui seront par la suite restitués au Fonds, pour constituer un bien wakf, exploité comme un outil d’investissement et de développement permanent. Dans ce contexte, le ministre des Affaires religieuses et du Wakf recommande souvent à ses directeurs de wilaya d’assurer un suivi permanent et efficace de ces projets, en leur garantissant un accompagnement technique adéquat, notamment en matière de gestion, et ce en plus d’autres mesures pratiques, car la réussite de l’opération sous-entend le remboursement des crédits alloués, la réalisation de bénéfices, et par conséquent, assurer la pérennité de l’entreprise. En effet, l’officialisation de cette institution spécialisée dans la collecte et la distribution de la zakat pour assurer la prise en charge des catégories sociales fragilisées peut rendre d’énormes services au pays et aux citoyens, notamment ceux et celles, très nombreux, qui se trouvent en situation de chômage.
Malgré tous les problèmes rencontrés, 130 milliards de centimes ont été prélevés du montant global de la zakat, depuis 2003, pour financer 6.900 crédits bonifiés, qui ont permis à leur tour de favoriser la création de 13.800 emplois chez les jeunes chômeurs, relèvent avec une certaine satisfaction les autorités concernées. C’est peu, certes, mais c’est vraiment encourageant comme initiative de lutte contre le chômage et la pauvreté dans le pays, dans le cadre de la construction d’une société productrice de biens et services, développée et prospère.
Source: elmoudjahid