Les responsables de l'Union européenne ont reçu jeudi 30 mai à Bruxelles une vingtaine de hauts dignitaires chrétiens, musulmans, juifs et hindous pour leur demander de les aider à surmonter « la crise de confiance et de valeurs » qui mine l'Europe. « Alors que nous mettons tout en oeuvre pour sortir l'Europe de la crise économique, il est manifeste que nous devons également surmonter une autre crise : une crise de confiance et de valeurs », a affirmé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en accueillant ces hauts dignitaires religieux.
De droite à gauche : José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy et le patriarche Daniel, chef de l'Église roumaine orthodoxe. (Photo : AFP/Georges Gobet)
« J'ai la ferme conviction que la participation active des communautés religieuses est indispensable à la réussite de cette entreprise. Les responsables religieux que j'ai conviés à la réunion aujourd'hui apportent une contribution appréciable à ce débat sur l'avenir de l'Europe engagé à l'échelle de l'Union », a estimé M. Barroso.
De son côté, le président du Conseil européen, le démocrate-chrétien belge Herman Van Rompuy, a insisté sur le fait que « l'urgence citoyenne européenne » était de « répondre aux effets de la crise et réaffirmer nos valeurs ». « Il est essentiel d'y réfléchir ensemble, autorités politiques et religieuses », a-t-il dit.
Les leaders religieux ont insisté sur la nécessité de respecter la liberté de religion. « Les religions minoritaires doivent se voir octroyer les mêmes droits que les fois majoritaires en Europe, c'est important », a indiqué Bharti Tailor, présidente du Forum hindou d'Europe. Pour l'imam Yahya Pallavicini, vice-président de la communauté religieuse islamique d'Italie, « il faut éviter l'islamophobie et l'antisémitisme mais aussi tout type de phobies contre n'importe quelle religion ». « Nous devons nous serrer les coudes », a renchéri le rabbin néerlandais Raphael Evers.
Le démocrate-chrétien hongrois Laszlo Surjan, qui représentait le Parlement européen dont il est vice-président, a dénoncé pour sa part la « christianophobie » en Europe. « Il faut se battre contre ces diables » qui critiquent les religions, a-t-il lancé.
Ces rencontres entre les dirigeants des principales institutions européennes et les dignitaires religieux ont été mises en place en 2005. Déjà, en 2011, José Manuel Barroso avait mis l'accent sur « le rôle extrêmement important » des religions pour contribuer à réduire la souffrance sociale dans le contexte actuel de crise économique. Il jugeait « impressionnant » le travail des communautés religieuses en matière de cohésion sociale. « Il y aurait beaucoup plus de souffrance, en termes sociaux, sans les Églises » et les associations qui y sont liées, avait-il dit.
Source: fait-religieux