Marseille : le projet de Grande mosquée n'avance plus, et commence à s'enfoncer

16:31 - June 01, 2013
Code de l'info: 2541815
Marseille(IQNA)- Le quotidien La Provence révèle que la brigade financière de Marseille a ouvert une enquête sur les comptes de l'association « La mosquée de Marseille » à la suite de plaintes déposées sur la gestion. Ce qui semble porter à leur sommet les dissensions déjà constatées depuis plusieurs années autour de ce projet.
Jusqu'en 2010, tout semblait pourtant bien parti avec le soutien de l'ambassade d'Algérie et celui du recteur Dalil Boubakeur, de la Grande mosquée de Paris. L'imam Cheikh pilotait le projet, avec l'assentiment de la mairie de Marseille, qui avait pris soin d'exiger un financement où les principaux contributeurs ne pourraient pas dépasser un seuil de 20% des dons. Les besoins sont évalués à 22 millions d'euros pour un édifice susceptible d'accueillir environ 5.000 fidèles dans sa configuration habituelle, et une quantité d'équipements annexes.
A la suite d'un renversement d'alliances à la tête de l'association, la présidence est revenue en 2010 à l'imam Ghoul, considéré comme proche du Maroc, et soutenu par des élus socialistes. On a même évoqué auprès d'un des architectes du projet, Maxime Repaux, des fonds venus du Qatar. Mais il semble que l'association ait dû se contenter jusqu'ici de dons individuels, nettement insuffisants pour seulement envisager un début des travaux.
Ces tensions ont fini par provoquer des départs, des démissions et des dénonciations, et les policiers de la brigade financière auraient procédé à plusieurs auditions.
Nombreux projets dans les quartiers nord
En revanche, les projets plus modestes pilotés par d'autres associations plus homogènes ou mieux organisées progressent ici ou là. La Provence répertorie plusieurs projets dans les quartiers nord de la ville aux Cèdres, à La Busserine, à La Solidarité et au Plan d'Aou, ainsi que dans le quartier plus central de Félix-Pyat.
Ces projets profitent d'une aide plus facile à obtenir de la ville pour les terrains, et des fonds exceptionnels mobilisés pour la rénovation urbaine, qui dégagent des possibilités nouvelles d'aménagements. La mairie fournit des baux emphytéotiques pour les terrains, à condition que les associations puissent prouver qu'elles disposent d'au moins 10% des fonds nécessaires au financement de leur projet. Ce qui serait déjà le cas pour le quartier des Cèdres.
La concrétisation éventuelle de tous ces projets ne suffirait pas à résoudre le manque de places constaté actuellement pour la pratique hebdomadaire, mais elle permettrait de tendre vers l'objectif affiché par certains d'une mosquée « grande » ou « moyenne » au minimum pour chacun des seize arrondissements de Marseille. La population de musulmans serait évaluée à près de 200.000 personnes, dont 30.000 pratiquants réguliers dont la moitié seulement arriveraient à trouver une place dans une des mosquées existantes.
Source: zaman
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