Selon IQNA citant Al Moudjez, les esprits se sont échauffés après le discours télévisé du président égyptien, fortement contesté dans la rue depuis une semaine. S'adressant à la télévision avec pugnacité, le chef de l’Etat issu des Frères musulmans, a refusé de s'effacer pacifiquement du pouvoir. Il a indiqué qu'il "continuerait à assumer la responsabilité du pays", présentant sa "légitimité" comme "la seule garantie contre l'effusion de sang".
Affirmant qu'il était prêt à "donner sa vie", il a martelé que le peuple l'avait "choisi lors d'élections libres et équitables".
Appelant la population au calme et l'opposition au dialogue, il a affirmé que le pays devait encore panser les plaies laissées par l'ancien régime d'Hosni Moubarak. Il a aussi mis en garde contre le "piège" d'une violence "sans fin", alors que les violences ont déjà fait 47 morts en une semaine de manifestations.
Trois heures plus tard, dans un communiqué intitulé "les dernières heures", le Conseil suprême des forces armées égyptiennes (CSFA) s'est dit prêt "à verser son sang" pour "défendre l'Egypte et son peuple des terroristes, des radicaux ou des fous" et s’est dit prêt à imposer sa propre "feuille de route". En cas d'échec de son ultimatum, les militaires ont indiqué qu'ils établiraient eux-mêmes la "feuille de route" pour résoudre la crise, mais ont assuré qu'ils ne voulaient pas préparer un "coup".
Selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram, cette "feuille de route" prévoirait notamment la nomination d'un conseil présidentiel et une suspension de la Constitution pour une période de transition --placée "sous la supervision de l'armée-- pouvant durer jusqu'à un an.
Un responsable des Frères musulmans égyptiens, le puissant mouvement islamiste dont est issu le président Mohamed Morsi, a appelé mardi à empêcher un coup d'Etat après l'ultimatum fixé par l'armée, au besoin par le martyre.
Chercher le martyre pour empêcher un coup d'Etat est ce que nous pouvons offrir aux précédents martyrs de la révolution, a déclaré dans un communiqué Mohamed al-Beltagui, alors que l'armée a donné 48 heures au président pour satisfaire les revendications du peuple après des manifestations monstres réclamant sa démission.
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