Manuel Valls dénonce les actes anti-musulmans

14:19 - August 03, 2013
Code de l'info: 2570011
Paris(IQNA)- "Il y a trop de mots, trop de gestes, trop d'hostilités qui visent aujourd'hui les musulmans de France", a déclaré le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, qui a participé à une rupture du jeûne à la mosquée d'Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne).
Pour la troisième fois depuis le début du ramadan, le ministre de l'intérieur Manuel Valls a participé, jeudi 1er août, à une rupture du jeûne en compagnie de fidèles. Après les grandes mosquées de Lyon et de Paris, il s'est rendu, ce jeudi, à celle d'Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne). Un déplacement sur fond de débat exacerbé ces dernières semaines sur "l'islamophobie".
Le choix d'Ozoir-la-Ferrière n'était pas lié au hasard. En février, cette petite mosquée de 200 fidèles s'était retrouvée avec, un matin, sur sa façade, des croix gammées et des slogans comme "Nike l'Islam" ou "vive la Gaule" tagués à la bombe de peinture noire. "Il y a trop de mots, trop de gestes, trop d'hostilités qui visent aujourd'hui les musulmans de France", a déclaré le ministre devant une soixantaine de fidèles de tous âges.
La salle de prière d'Ozoir-la-Ferrière a aussi été choisie en raison de sa particularité sociologique. Cette ville de 20 000 habitants, essentiellement pavillonnaire, est l'une de ces zones périurbaines où les actes anti-musulmans sont les plus nombreux et où le Front national gagne du terrain. Lors du premier tour des élections cantonales de 2011, en Seine-et-Marne, le FN a pour la première fois talonné le PS, en devançant l'UMP. "La République protégera toujours les musulmans de France, a assuré M. Valls. Je ne laisserai jamais dire que les forces de l'ordre sont plus mobilisées sur certains faits que sur d'autres, notamment qu'elles privilégieraient davantage les actes antisémites que anti-musulmans ou antichrétiens. Cette rhétorique-là est connue. Elle est fausse. Elle est infâmante."
"CROYANCE DÉVOYÉE"
Le ministre de l'intérieur a repris à son compte la thèse selon laquelle les tensions récentes autour des contrôles d'identité de femmes voilées intégralement seraient liées à l'activisme des mouvements les plus rigoristes de l'islam.
Dans un entretien au Nouvel Observateur, le 31 juillet, M. Valls avait déjà déclaré : "Pour les salafistes, "l'islamophobie" est un cheval de Troie qui vise à déstabiliser le pacte républicain." Faisant allusion aux événements de Trappes mais sans presque jamais y faire référence explicitement, il a ajouté jeudi soir : "La République s'opposera toujours à ceux qui voudraient faire de la France un terrain de conquête ; qui voudraient, au nom d'une croyance dévoyée, imposer d'autres lois que la loi de tous."
Alors que Cassandra, la jeune femme entièrement voilée dont l'interpellation a dérapé, à Trappes, était une jeune convertie, comme son mari, Mickaël, M. Valls a aussi pointé : "Je fais la différence entre une conversion sincère à l'islam et une conversion qui invite à la radicalisation." Le ministre a balayé les accusations de violences policières à l'égard du couple : "La loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public doit être appliquée avec fermeté, les contrôles se faisant dans le respect des personnes et avec discernement. Ceux qui continuent de plaider pour le port de ce voile défient nos institutions."
Source: lemonde
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