
Une découverte particulièrement importante, qui a réuni des forces européennes, dans le cadre du projet Coranica.
Par une datation au carbone 14 sur des échantillons du manuscrit, les chercheurs se sont entendus : écrit en kufi, ou coufique, une calligraphie arabe développée dans la ville de Koufa (dans l'actuel Irak), il s'agit là de la plus ancienne calligraphie en arabe. Elle découle d'un syriaque ancien, et les premiers exemplaires du Coran ont évidemment été rédigés dans cette langue.
Les chercheurs ont également conclu, en partant de cette écriture, que le manuscrit aurait été rédigé 20 à 40 ans après la mort du prophète Mahomet.
Dans le cadre du projet Coranica, les responsables François Déroche, Frédéric Imbert, Michael Marx, travaillent essentiellement sur l'histoire du texte coranique en poursuivant l'édition et l'étude des plus anciens manuscrits du Coran. Seront retenus tous les manuscrits qui pourraient être antérieurs à la fin de la période umayyade et qui sont en écriture hijâzite.
Une attention particulière sera consacrée à la datation des manuscrits au moyen du radio-carbone 14, afin de disposer de repères en chronologie absolue. Les résultats seront confrontés avec les datations obtenues par d'autres moyens : écriture, orthographe, divisions du texte, introduction de titres, mise en page, reliures, matériaux utilisés
Le texte serait également associé à l'imam Ali, qui est considéré par les musulmans chiites comme le véritable successeur du prophète, et le premier d'une lignée de saints hommes dans l'islam. Le manuscrit sera prochainement exposé en Allemagne, avec d'autres résultats des recherches du projet Coranica.
La découverte est arrivée grâce à la collaboration de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Paris et l'Académie des Sciences et des Humanités de Berlin-Brandenburgischen, qui ont donc travaillé de concert autour de ce manuscrit, sous le parrainage de la Fondation de la Recherche d'Allemagne et l'Agence Nationale de la Recherche de France.
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