
Sur le grand lustre de la salle de prière, une inscription en vert et en arabe. « Que signifie-t-elle ? », questionne Sylvette. La retraitée, qui réside à la Cousinerie, a poussé la porte « parce que je passe devant tous les jours ». C’est Florent, un Villeneuvois converti à l’islam depuis trois ans, qui joue les guides : « Il est écrit : J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager ». Sylvette, son mari et sa fille engagent la discussion sur sa conversion. L’étudiant de 20 ans y répond de bonne grâce : « Mon père est athée, ma mère chrétienne, ils étaient un peu anxieux au début que je choisisse cette religion. Mais ils ont vu mon comportement changer, s’apaiser », répond-il dans un sourire.
Converti
Florent a rencontré la religion musulmane dans son enfance : « Par la mère d’un copain, j’aimais bien les entendre parler de l’islam. Vers 15-16 ans, j’ai fait des recherches sur les grandes religions. Et j’ai choisi l’islam, que je trouvais la plus belle », raconte-il simplement. Pas de mysticisme ou d’embrigadement, Florent cultive « le juste milieu » : « Pas d’extrême, que ce soit dans le laxisme et ou le fondamentalisme ». Ses parents sont rassurés. Sylvette et son mari Jan saluent son courage.
Un peu plus loin, Nicole et Hubert, catholiques pratiquants, s’extasient : « On a construit quelque chose de fort avec un bâtiment. La grande salle donne envie de prier, même si ce n’est pas notre religion ». À côté, Sidonie, 10 ans, jeannette chez les Scouts de France, savoure : « Au moins, il ne fait pas froid comme à l’église », déclenchant un éclat de rire de sa maman. « C’est la première fois que nous pénétrons dans cette mosquée que nous voyons tous les jours. Elle est très ouverte et très accueillante ».
Et la laïcité ?
« Nous savons que ceux qui viennent à nos portes ouvertes sont dans une démarche très positive », reconnaît Mohammed El Mokhtari, le secrétaire général du CIV (centre islamique de Villeneuve-Ascq). Ce professeur de gestion, Marocain d’origine, est venu en France pour achever ses études, « attiré par Jean-Jacques Rousseau ». Sa vision de la vie en société ne souffre aucune ambiguïté : « La laïcité, cela signifie que chacun puisse vivre sa foi en toute liberté et que cette liberté soit garantie par les pouvoirs publics ». Des valeurs qu’après les attentats du mois dernier, les musulmans se sentent obligés de répéter. Encore. Pour bouter les amalgames et les clichés hors des mosquées.
Lavoixdunord