Le massacre, qui a fait 14 morts et 21 blessés, est un traumatisme
pour les habitants de Californie. Dans la ville de Los Angeles, à une
centaine de kilomètres, la communauté musulmane se sent visée et cherche
à se distancier au maximum des tueurs. Reportage dans une mosquée de la
banlieue de Glendale.
Une maison comme une autre dans un quartier
résidentiel de Glendale. Il faut s’approcher pour lire la pancarte «
Islamic Center ». Nous sommes vendredi, c’est l’heure de la prière. Une
heure plus tôt, le FBI annonçait que l’attaque de San Bernardino était
un acte terroriste.
Dans la salle de prière, une centaine de
personnes écoute l’imam. Il condamne le meurtre, exhorte les fidèles à
se confier s’ils ont un problème. Il leur demande aussi de ne pas parler
aux journalistes, de peur que leurs propos se retournent contre la
communauté.
A la sortie, Abo Elkhier Seraj, membre du bureau du
centre musulman, n’a pas de mot assez fort pour condamner l’attaque : «
C’est totalement inacceptable ! Impossible ! Notre religion condamne le
plus sévèrement qu’il soit. »
« C’était juste un malade ! »
Jason
est Syrien. Cela fait 30 ans qu’il vit aux Etats-Unis. Il ne comprend
pas ce qui est passé par la tête de Syed Rizwan Farook, auteur de
l’attaque : « Il est né aux Etats-Unis, a été élevé aux Etats-Unis,
éduqué aux Etats-Unis, énumère-t-il. Il travaillait pour les Etats-Unis,
ou plutôt pour le comté. C’était juste un malade ! Et on ne devrait pas
être pris en otage, notre communauté, par une personne malade. »
Salah
Habib, l’imam de la mosquée, veut croire en l’avenir d’un islam modéré
enseigné aux Etats-Unis : « Il faut éduquer nous-mêmes. On ne peut pas
laisser les gens se faire éduquer à des dizaines de milliers de
kilomètres de distance. Après, ils font des choses en notre nom, alors
qu’on ne leur a pas appris cela. »
Salah Habib constate tout de même une recrudescence de propos haineux sur les réseaux sociaux depuis trois jours.
rfi